| A y regarder de plus près, on repère aussi trois secteurs, moins mis en valeur par la presse,
Celui des métiers du bâtiment et des travaux publics, celui des métiers des transports et du tourisme, celui enfin des communications, de l’information et du spectacle.
et d’autres familles professionnelles, aux effectifs moins massifs, qui pourraient connaître aussi des tensions importantes : des ouvriers qualifiés de la métallurgie, des industries graphiques et du bois, des techniciens et agents de maîtrise en mécanique, en industries légères, des techniciens administratifs, des cadres de l’industrie, des transports, des personnels d’études et de recherche, des formateurs.
On le voit, en dix ans, le cumul des postes créés par le dynamisme de l’emploi - aussi limité soit-il - avec les postes libérés par les départs en retraite ont de fortes chances de créer des goulots d’étranglement qui pèseront sur la croissance, et d’abord dans les segments peu attractifs.
Il est donc nécessaire dès à présent d’anticiper et de construire des solutions énergiques qui favorisent l’adaptation de la main d’œuvre au marché du travail.
Quelles peuvent-elles être ?
D’abord une rapide adaptation de l’appareil de formation initiale, à la fois général et professionnel, qui passe notamment par des orientations plus fermes, accompagnées d’une gamme d’incitations positives, notamment financières, à l’égard de la génération des 12-15 ans d’aujourd’hui.
Ensuite, une meilleure connaissance de la situation branche par branche. La mise en place accélérée des observatoires des métiers voulus par l’accord sur la formation professionnelle y contribue. Mais la revalorisation des conditions de rémunération et de travail est un point de passage pour l’image des métiers dans l’opinion, notamment jeune : l’étude du plan indique des priorités aux partenaires sociaux.
Surtout, il faut renforcer les mesures actives d’accompagnement des entreprises et des personnes lors des mobilités professionnelles. Aujourd’hui six salariés sur dix, en provenance de la formation initiale, d’un autre emploi, du chômage, n’occupent plus le même emploi qu’il y a cinq ans. Le mouvement a peu de chance de se restreindre, dans une organisation du travail qui demandera davantage d’ouverture à la polyvalence.
Le souci de conserver des salariés qualifiés, dans les cas de forte concurrence, devrait inciter des employeurs, notamment des PME, à améliorer les salaires, les conditions de travail et les avantages annexes pour pérenniser leur maind’œuvre.
La promotion interne dans les grandes entreprises et les groupes devrait connaître un appel d’air, pourvu qu’elle soit accompagnée du souci d’enrichir les emplois peu qualifiés, en particulier tertiaires, et de renforcer les formations de rattrapage tout au long de la vie professionnelle.
Les dispositifs d’aide au retour à l’emploi pour les demandeurs d’emploi devront être considérablement renforcés, principalement en appui des changements d’orientation.
Sur tous ses aspects, de vastes chantiers s’offrent à la négociation sociale de branche et d’entreprise.
Mais encore faut-il que les organisations syndicales de salariés cultivent leur proximité à l’égard de tous ces métiers qui vont fortement se renouveler et se développer. Il y a dans l’étude du Plan le dessin des priorités d’implantations du syndicalisme, s’il veut dans dix ans être en capacité de représenter les attentes de ces secteurs stratégiques de demain. C’est une vraie révolution qui attend des confédérations, bien inégalement préparées à l’affronter et à se mettre en capacité à faire adhérer ces nouveaux salariés à une action collective durablement organisée. |