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LES QUINZES METIERS RECHERCHES EN 2015
 
L’exercice de prospective fait par le Plan s’appuie sur l’hypothèse d’un taux de croissance moyen de 2 % et estime encore le taux de chômage à 7,5 % en 2015, Il décrit une tertiarisation accrue de l’économie.
 
Toujours plus de cadres et d’employés non qualifiés
Effectifs, en %
1982
1990
2000
2015
1982-2015
Agriculteurs, artisans, commerçants
10
7
5
4
-  6
Cadres
14
17
19
21
+ 7
Professions intermédiaires
14
15
16
17
+ 3
Employés qualifiés
20
21
20
19
- 1
Employés non qualifiés
10
11
13
14
+ 4
Ouvriers qualifiés
21
21
20
20
- 1
Ouvriers non qualifiés
11
8
7
5

- 6
Ensemble
100
100
100
100
100
 
Dans ce contexte, les départs en retraite des générations nées après 1945 vont créer un appel d’air dans des secteurs déjà demandeurs de main d’œuvre, parce que portés par l’évolution économique et sociale. La période 2005-2015 verra donc réapparaître des difficultés de recrutement, analogues à celles que l’on a connu dans les années 1998-2001 : un chômage demeurant important, des postes offerts, et non pourvus, des délais de recrutement allongés pour les employeurs.
 
La moitié des postes à pourvoir dans quinze familles professionnelles  (chiffres en milliers)
Famille professionnelle Emplois en 2015 Créations nettes d’emplois (2005-2015) Postes d’emplois libérés (2005-2015) Postes à pourvoir (2005-2015) Postes à pourvoir par an (en % de l’emploi moyen) Pourcentage des postes à pourvoir parmi les emplois de 2015
Ouvr.qual. de process 542

77

133

211

4,2

39

Ouvr.qual. manutention

518

92

96

188

4

36

Conducteurs véhicules 748

47

193

240

3,3

32

Employés administratifs 705

100

120

219

3,4

31

Cadres administratifs et dirigeants 770

131

173

304

4,3

39

Informaticiens 604

149

58

207

4

34

Fonction publique

cat C

816

51

275

224

2,6

27

Représentants 562

59

97

156

2,9

28

Cadres commerçiaux 509

97

92

189

4,1

37

Employés de maison 373

80

81

161

4,9

43

Assistants maternels, aides à domicile 985

240

172

412

4,8

42

Agents entretien 1146

56

308

365

3,3

32

Aides soignants 603

151

109

260

5

43

Infirmiers,sages-femmes 531

78

123

201

4,1

38

Enseignants 1130

13

345

358

3,2

32

Total des quinze familles 10 542

1 421

2 375

3 796

 

36

Total des emplois 25 514

1 524

6 007

7 531

3

29

 
A y regarder de plus près, on repère aussi trois secteurs, moins mis en valeur par la presse,

Celui des métiers du bâtiment et des travaux publics, celui des métiers des transports et du tourisme, celui enfin des communications, de l’information et du spectacle.

et d’autres familles professionnelles, aux effectifs moins massifs, qui pourraient connaître aussi des tensions importantes : des ouvriers qualifiés de la métallurgie, des industries graphiques et du bois, des techniciens et agents de maîtrise en mécanique, en industries légères, des techniciens administratifs, des cadres de l’industrie, des transports, des personnels d’études et de recherche, des formateurs.

On le voit, en dix ans, le cumul des postes créés par le dynamisme de l’emploi - aussi limité soit-il - avec les postes libérés par les départs en retraite ont de fortes chances de créer des goulots d’étranglement qui pèseront sur la croissance, et d’abord dans les segments peu attractifs.

Il est donc nécessaire dès à présent d’anticiper et de construire des solutions énergiques qui favorisent l’adaptation de la main d’œuvre au marché du travail.

Quelles peuvent-elles être ?

D’abord une rapide adaptation de l’appareil de formation initiale, à la fois général et professionnel, qui passe notamment par des orientations plus fermes, accompagnées d’une gamme d’incitations positives, notamment financières, à l’égard de la génération des 12-15 ans d’aujourd’hui.

Ensuite, une meilleure connaissance de la situation branche par branche. La  mise en place accélérée des observatoires des métiers voulus par l’accord sur la formation professionnelle y contribue. Mais la revalorisation des conditions de rémunération et de travail est un point de passage pour l’image des métiers dans l’opinion, notamment jeune : l’étude du plan indique des priorités aux partenaires sociaux.

Surtout, il faut renforcer les mesures actives d’accompagnement des entreprises et des personnes lors des mobilités professionnelles. Aujourd’hui six salariés sur dix, en provenance de la formation initiale, d’un autre emploi, du chômage,  n’occupent plus le même emploi qu’il y a cinq ans. Le mouvement a peu de chance de se restreindre, dans une organisation du travail qui demandera davantage d’ouverture à la polyvalence.

Le souci de conserver des salariés qualifiés, dans les cas de forte concurrence, devrait  inciter des employeurs, notamment des PME, à améliorer les salaires, les conditions de travail et les avantages annexes pour pérenniser leur maind’œuvre.

La promotion interne dans les grandes entreprises et les groupes devrait connaître un appel d’air, pourvu qu’elle soit accompagnée du souci d’enrichir les emplois peu qualifiés, en particulier tertiaires, et de renforcer les formations de rattrapage tout au long de la vie professionnelle.

Les dispositifs d’aide au retour à l’emploi pour les demandeurs d’emploi devront être considérablement renforcés, principalement en appui des changements d’orientation.

Sur tous ses aspects, de vastes chantiers s’offrent à la négociation sociale de branche et d’entreprise.

Mais encore faut-il que les organisations syndicales de salariés cultivent leur proximité à l’égard de tous ces métiers qui vont fortement se renouveler et se développer. Il y a dans l’étude du Plan le dessin des priorités d’implantations du syndicalisme, s’il veut dans dix ans  être en capacité de représenter les attentes de ces  secteurs stratégiques de demain. C’est une vraie révolution qui attend des confédérations, bien inégalement préparées à l’affronter et à se mettre en capacité à faire adhérer ces nouveaux salariés à une action collective durablement organisée.