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Comment les Européens voient-ils l'avenir ?
20/07/08
Un pessismisme européen

Une enquête d’Eurobaromètre, agence de la Commission européenne qui mène  régulièrement des sondages auprès  des Européens,  a interrogé 25 000 européens parmi les 27 pays membres de l’Union en avril 2008 sur la façon dont ils imaginent l’avenir dans 20 ans.

 

La moitié d’entre eux pensent que leurs conditions de vie se seront détériorées dans 20 ans, 38% qu’elles seront meilleures. 8 citoyens sur 10 pensent que les inégalités vont s’accroitre dans leur pays, 7 sur 10 qu’il deviendra plus difficile de se loger à un prix décent, que beaucoup de gens ne pourront payer leurs traitements médicaux, que les diplômés n’auront pas la garantie de trouver un emploi. 57% estiment que les gens gagneront moins qu’aujourd’hui du fait de la concurrence des pays émergents.

 

Les réponses des nouveaux membres sont nettement plus positives, 59%, que celles des anciens membres, 32%. Toute l’enquête montre un fort clivage entre l’optimisme des nouveaux membres de l’Union et les anciens …(blasés, gâtés ?)

 

L’optimisme croît aussi avec le niveau d’éducation et le degré d’urbanisation.

 

80% des Européens pensent que l’écart entre les riches et les pauvres va s’agrandir. Et qu’il faudra travailler plus longtemps.

 

Les réponses françaises  frappent par leur pessimisme.

 

A la question « la vie sera t’elle meilleure dans 20 ans ? », la majorité des Français répondent que non et se classent ainsi au 23ème rang, battus dans le pessimisme par les Allemands, Belges et Autrichiens.

 

Ils sont par contre les plus nombreux d’Europe à penser qu’il faudra travailler plus longtemps.

 

Les Français sont aussi parmi les plus nombreux (3ème rang) à penser que l’écart entre riches et pauvres va s’accentuer.

 

A la question, « le progrès technique permettra-t-il de disposer de davantage de temps pour la famille et les amis et d’améliorer la qualité de la vie ? », le nombre de réponses négatives des Français est supérieur à la moyenne européenne, mais au-dessus de nombreux membres de l’UE à 15, alors que les nouveaux membres sont davantage optimistes.

 

Les Français sont encore en-dessous de la moyenne européenne pour répondre négativement à la question « les gens donneront-ils plus de temps aux autres et à l’engagement social ? ». Allemands, Autrichiens, Néerlandais sont encore plus négatifs. Ce sont toujours les nouveaux membres qui sont les plus positifs.

 

Ce que souhaitent les Européens pour l’avenir

 

- 88% des Européens sont d’accord pour des règles plus sévères en matière d’environnement

- 87% veulent davantage de soutien public à ceux qui donnent de leur temps pour les autres ou pour des causes sociales

- 87% souhaitent des politiques qui réduisent les écarts entre les riches et les pauvres

- 79 % souhaitent une aide collective et non individuelle aux jeunes et aux malades

- 79 % souhaitent des politiques qui visent une meilleure qualité de vie et non la satisfaction individuelle

- 76% souhaitent des politiques qui rendent l’Europe moins dépendante du reste du monde

 

Mais aussi :

- 39% accepteraient de verser davantage d’impôts pour développer les services publics

- 30% de ceux qui n’ont pas d’enfants accepteraient de payer davantage d’impôts pour aider ceux qui ont des enfants

 

 

Le pessimisme des Européens est profond. Il explique sans doute les réactions passionnées que certains referendums soulèvent. Mais ce pessimisme illustre une méconnaissance de ce qu’a réalisé, réalise et veut réaliser l’Union européenne. Les fonds européens qui ont soutenu et soutiennent les politiques de développement des régions en retard, les politiques anti-discriminations, semblent assez largement ignorées.

 

Les souhaits des Européens illustrent leur attachement aux valeurs de solidarité et peuvent aider à soutenir, renforcer ou construire des réponses européennes appropriées.