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| CONFIGURATIONS |
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| Le patronat est plus hétérogène que le monde salarialSon organisation en est le reflet » a fait remarquer Emile Boursier, ancien responsable patronal. |
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Dans tous les pays, il y a pluralisme dans les modes d’organisation du patronat. Cette pluralité se fonde sur différentes divisions : la taille, qui génère dans une majorité de pays une organisation spécifique pour les petites et moyennes entreprises, la séparation ou non des fonctions sociales et économiques, l’existence ou non d’une confédération faîtière.
D’autres sources de pluralités existent même si elles ne conduisent pas pour autant à des organisations différentes : entreprises exportatrices et entreprises vivant du marché national, voire local, entreprises soumises à la concurrence, entreprises de services ou entreprises de production, entreprises à main d’œuvre importante, entreprises à main d’œuvre qualifiées ont des problèmes différents, des cultures managériales différentes. Entreprises appartenant à un groupe mondial, entreprises familiales, entreprises artisanales sont aussi séparées par des stratégies différentes.
Les patrons n’ont pas non plus la même vision du monde et de leur rôle : libéraux ou solidaires, indifférents ou préoccupés par le social, ouverts au dialogue social ou fermés à la présence syndicale. Leurs sensibilités politiques peuvent les opposer, comme leur origine, leur formation. Bref, un monde hétérogène |
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| pays |
fonctions |
| Allemagne |
séparation confédération employeurs confédération insdustrie, Banques, Services, Confédération Artisanat |
| France |
Double vocation Confédération générale, CGPME, Artisanat,Professions libérales |
| RU |
Double vocation CBI SF |
| Suède |
Double vocation SAF Confédération générale |
| Irlande |
Double IBEC ISME, SFA |
| Italie |
Double Confédérations sectorielles dont une leader Artisanat |
| Pays-Bas |
Double Confédération générale PME |
| Espagne |
Double Confédération générale Conf PME |
| Finlande |
Mixte depuis 1993 Conf industrie, Conf services |
| Autriche |
mixte Confédération |
| Portugal |
Mixte Confédération industrie, Confédération commerce, Séparation ou regroupement des fonctions |
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Dans tous les pays les patronats assument une double vocation : sociale et économique. Mais ils ne l’assument pas de la même manière.
Certains patronats ont séparé l’intervention sociale de l’intervention économique et créé deux organisations patronales distinctes. Il en est ainsi de l’Allemagne où le BDA a reçu pouvoirs des fédérations professionnelles pour animer la question sociale. Les négociations étant menées par les fédérations professionnelles, le BDA assure la coordination et l’orientation du patronat en matière de relations sociales et salariales. Sans pouvoir de contrainte, l’autorité du BDA est issu de la qualité de ses analyses et enquêtes ainsi que par la qualité de ses intervenants sur le terrain. Le BDI seconde confédération patronale agit dans le domaine économique, sans qu’il puisse donc avoir de concurrence entre les deux.
A l’opposé, le regroupement des fonctions existe dans d’autres modèles nationaux. Dans le cas de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni, une seule organisation principale prend en charge les deux missions économique et sociale.
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Le pluralisme patronal |
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• Le pluralisme par la taille. |
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Dans la majorité des pays européens, il existe des organisations spécifiques pour les petites entreprises. Mais, la plupart du temps ces organisations réservées aux petites et moyennes entreprises doivent affronter la concurrence des organisations patronales à vocation générale qui s’adressent à toutes les entreprises, y compris les petites.
Ainsi en Italie, Confindustria et Confapi (créée uniquement pour les petites et moyennes entreprises) se disputent les adhésions des petites et moyennes entreprises, la Confindustria, organisation générale compte 95 % de petites entreprises parmi ses adhérents. Au Royaume-Uni comme en France, les deux grandes organisations à vocation générale affrontent la concurrence de la F small E pour l’une, de la CGPME pour l’autre. Chacune des confédérations générales a mis en place une commission spécifique pour les PME.
Dans certains pays, Allemagne, Italie, France, les artisans ont créé une organisation particulière correspondant à ce statut. En Italie comme en France, des négociations sociales spécifiques aux salariés de l’artisanat réunissent représentants des salariés et des employeurs.
Les représentants des petites entreprises considèrent que les problèmes des grandes entreprises sont différents des leurs : le management, la gestion sociale, le développement, le financement, séparent grandes et petites entreprises.
Cependant au niveau des professions petites et grandes entreprises se retrouvent, notamment pour les négociations sociales. Les conventions collectives des professions sont unitaires. Les grandes entreprises sont souvent tentées de mettre en avant la situation plus difficile des petites pour éviter de donner satisfaction aux revendications syndicales. |
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• Le pluralisme sectoriel ou professionnel |
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Chaque secteur a sa fédération. On peut même dire que la fédération est la première adhésion de l’entreprise. La profession est ce qui unit le plus fortement les patrons, car ils affrontent les mêmes problèmes de main d’œuvre, de marchés, de développement, de concurrence. C’est pour eux la base comparative primaire. Est-ce que je fais mieux que mon concurrent et le fait de produire la même chose ou de rendre le même service rapproche fondamentalement, malgré la situation de concurrence. La profession crée un même langage, fait partager une même culture.
Chaque secteur a donc sa logique d’approche des questions économiques et sociales et des divergences peuvent se faire jour dans les négociations sociales quand elles sont interprofessionnelles. Les secteurs professionnels ont aussi des divergences du fait de leur position concurrentielle. Il n’est pas un hasard si c’est la fédération de l’industrie suédoise qui davantage soumise à la concurrence mondiale a souhaité sortir du cadre trop rigide à ses yeux de la négociation salariale centralisée.
Dans tous les pays, la fédération de la métallurgie ou de l’industrie joue un rôle de leadership au sein du patronat. Et ce sont souvent les fédérations de la métallurgie qui mettent en cause les compromis sociaux existants. En Allemagne, la BDI a critiqué avec force le système des conventions collectives. En France, c’est l’UIMM, qui représente la métallurgie qui exprime les positions les plus conservatrices.
Par contre, dans différents pays, le patronat des services, du commerce demeure moins avancé dans sa structuration, son organisation et son rôle dans la régulation sociale. |
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Les ressources financières |
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La CBI britannique fait figure d’exception dans la mesure où une part importante de ses ressources provient des services payants aux membres et des activités dont elle prend l’initiative (édition…). C’est ainsi que sa convention annuelle lui a rapporté 150 000 livres en 1996. Autre exception, la CBI reçoit en plus des cotisations versées par ses fédérations professionnelles des cotisations versées par des entreprises adhérentes directement.
Les autres organisations sont des confédérations et leurs ressources proviennent des fédérations professionnelles et des unions territoriales qui elle reçoivent directement les cotisations des entreprises. Ces cotisations sont affectées selon une clef qui définit un pourcentage pour le secteur, un pour le niveau territorial.
Les organisations patronales ne maquent pas en général de moyens financiers. La preuve paradoxale est donnée par la SAF suédoise qui après avoir abandonné son rôle de négociateur central a diminué le prix de sa cotisation. Allemands, suédois, italiens emploient ainsi des centaines de permanents, notamment au plan local pour renforcer les services de proximité à leurs membres. Une région patronale allemande peut ainsi avoir plus d’une centaine de permanents. En Suède, des maisons patronales locales emploient des dizaines de permanents qui travaillent pour les entreprises de la zone.
En comparaison, le patronat français apparaît singulièrement démuni et la pauvreté de sa présence sur le terrain peut expliquer les critiques de distance qui s’exercent par des chefs d’entreprise à l’égard de ses structures centrales.
Enfin, il est un trait dominant dans différents patronats : le rôle que les grands patrons acceptent de jouer au sein de leur structure. Dans plusieurs confédérations, les présidents des différentes fédérations doivent être des chefs d’entreprise en activité. Par ailleurs, les patrons des entreprises les plus connues n’hésitent pas à remplir un mandat dans leur confédération. En clair, ils sont en Allemagne, Italie, Suède, solidaires de leur syndicat, en payant, comme en y militant.
La CBI organisation de services a plus de difficultés à appliquer ce modèle. Quant à la France, les fédérations professionnelles sont animées par des chefs d’entreprises en exercice. Mais on peut constater que les grandes figures du patronat français, prompts à communiquer sur leur stratégie, ont une solidarité réduite a minima avec leur confédération |
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Quatre exemples |
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Le patronat allemand a choisi la formule d’une séparation des fonctions, sociale et économique.
La fonction sociale, celle de représentation des employeurs est assumée par la BDA, confédération des associations d’employeurs allemands. La BDA est une confédération à laquelle adhèrent 46 fédérations professionnelles et 15 confédérations régionales.
La BDI est la principale, mais non la seule, organisation patronale à vocation économique. Sa fonction est la défense des intérêts économiques des entreprises industrielles auprès des institutions politiques et dans la société. Elle est une confédération de 21 fédérations sectorielles, dont les plus importantes sont celles des industries mécaniques, des industries électriques, de la chimie.
D’autres fédérations sectorielles existent à côté de la BDI comme celle des banques et celle des services.
Les fédérations à vocation économique ne participent pas aux négociations collectives.
Une association centrale de l’artisanat allemand défend les intérêts spécifiques des petites entreprises. Elle ne participe pas aux négociations collectives. Seules ses fédérations professionnelles le font.
L’association des chambres d’industries et de commerce joue un rôle important, notamment dans le domaine de la formation professionnelle. Elle n’intervient pas dans le domaine de la négociation sociale, même si elle participe à la concertation tripartite animée par le gouvernement sous l’intitulé de Pacte pour l’emploi.
Des divergences plus ou moins importantes peuvent éclater selon la conjoncture entre fédérations et entre certaines fédérations et la BDA. Les trois principales confédérations ont dorénavant leur siège dans le même immeuble à Berlin ce qui facilite la confrontation et la coopération : des réunions régulières réunissent les dirigeants et les cadres de ces organisations.
Les entreprises n’adhèrent donc pas directement à la BDA. Elles sont tenues à une double adhésion, à une fédération professionnelle régionale d’une part, à une union interprofessionnelle locale. Chaque fédération professionnelle régionale est affiliée à une fédération nationale, tandis que chaque union locale est affiliée à une union régionale. Fédérations et unions se retrouvent à l’échelon national, notamment lors de l’assemblée générale de la BDA.
L’adhésion est volontaire. Le taux d’adhésion est supérieur à celui des salariés. La fédération la plus importante Gesamtmetall indique un taux d’adhésion de 65 % en 1996. Les entreprises de l’Allemagne de l’Est ont un taux d’adhésion beaucoup plus faible, en partie pour ne pas avoir à appliquer les salaires conventionnels. Le taux d’adhésion est en baisse du fait de la non adhésion des nouvelles entreprises.
La BDA ne participe pas directement aux négociations des conventions collectives qui se déroulent au plan professionnel. Son rôle est de coordonner les négociations en donnant des directives à chaque fédération professionnelle. Elle dispose d’un droit de veto dans la mesure où elle peut s’opposer à l’extension d’une convention collective auprès du ministère du travail
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L’Italie est le pays européen qui dispose du plus grand nombre d’organisations patronales. Les entreprises sont en effet regroupées soit par secteur professionnel, soit par la taille des entreprises, soit en fin par la sensibilité politique des chefs d’entreprise. Ainsi on recense les principales organisations patronales :
Confindustria qui fédère les entreprises industrielles de toutes tailles, revendique 107 000 entreprises adhérentes, représentant 4 millions de salariés
Confapi qui fédère les petites et moyenne entreprises de l’industrie et revendique 64 000 entreprises qui représentent un million de salariés
ABI qui fédère les banques et revendique 1000 entreprises qui représentent 300 000 salariés
Confcommercio qui fédère des entreprises du commerce, du tourisme et des services, revendique 750 000 entreprises qui représentent deux millions de salariés
Confesercenti qui fédère des entreprises du commerce, du tourisme et des services, revendique 240 000 entreprises qui représentent 500 000 salariés
Confartigianato qui fédère les artisans revendique 550 000 entreprises
CNA, confédération nationale de l’artisanat qui revendique 350 000 entreprises qui représentent 500 000 salariés
Confagricoltura qui fédère les entreprises agricoles et en revendique 500 000
Coldirreti qui fédère les agriculteurs en revendique 670 000 représentant 1,2 million de salariés
Au total, on relève près d’une trentaine d’organisations patronales.
Ce tableau montre que pour un même secteur, la concurrence peut exister. Deux organisations recrutent les entreprises du secteur du tourisme et des services, par exemple. Mais il faut savoir que la Confindustria accepte aussi l’adhésion des entreprises de ces secteurs.
Si la Confapi ne recrute que des entreprises industrielles de taille moyenne et petite, la Confindustria ne limite pas pour autant aux seules grandes entreprises, mais a des adhérents de toutes tailles.
Pourquoi deux organisations pour le commerce et les artisans ? Parce que dans ces deux cas, l’une est proche du centre droit, l’autre du centre gauche. L’Italie est un des rares pays d’Europe où les différences de sensibilité politique des chefs d’entreprise aboutit à la distinction des organisations patronales.
Dans cet ensemble d’organisations, la Confindustria assume un leadership indiscutable, parce que la totalité des grandes entreprises et la majorité des entreprises industrielles moyennes y sont représentées, parce que ses moyens humains et financiers sont supérieurs à ceux des autres organisations. Elle exerce son leadership enfin parce que les syndicats comme les gouvernements le lui reconnaissent.
Mais, il s’agit d’un leadership, la Confindustria n’est pas une organisation faîtière qui serait au-dessus des fédérations sectorielles. Elle est elle même une organisation sectorielle, simplement la plus représentative.
Une nouvelle alliance entre petites et moyennes entreprises
Mai 2010 Présenté à Rome , la nouvelle alliance patronale unitaire de l’univers des PME, R.eTe- Imprese Italia (Réseau Entreprises Italie), a été créée par les cinq plus importantes organisations patronales de l'artisanat, du commerce, des services et du tourisme et des petites entreprises de l'industrie et du bâtiment. Elle transforme le paysage de la représentation patronale en Italie, élargissant le système de la concertation, formé jusque là par le gouvernement, l'organisation patronale Confindustria et les syndicats.
Donner « identité, voix commune et capacité de représentation commune et donc plus fort » aux petites et moyennes entreprises dans le but de « moderniser la représentation des entreprises pour moderniser l’économie et la société italienne ». C’est ainsi que R.eTe.- Imprese Italia, le nouveau organisme de représentation patronale des PME, a été présenté officiellement à Rome, le 10 mai dernier. Fondé par Confcommercio, Confartigianato, Cna, Confesercenti, Casartigiani pour avoir un seul porte-parole lors des négociations institutionnelles, cette organisation est l’aboutissement du « Pacte du Capranica » du nom du cinéma romain où les organisations fondatrices se réunirent en 2006 contre les mesures de la loi de finances du gouvernement de Prodi touchant leurs secteurs.
Le patronat italien est aussi porteur d’autres influences :
Celle de l’opposition entre le Nord d’où part l’industrialisation italienne et où se crée les premières organisations patronales et le Sud, peu industrialisé et qui se greffe sur l’opposition entre les grandes familles (l’aristocratie entrepreunariale italienne) qui détiennent des entreprises clefs de l’économie italienne , Agnelli et la FIAT, et les entrepreneurs non liés à une dynastie industrielle. C’est ainsi que au printemps 2000, l’élection du nouveau président de la Confindustria a vu l’affrontement entre le chef d’une entreprise moyenne de la région de Naples, président de l’union patronale de Naples et l’ancien directeur des ressources humaines de FIAT et ancien vice-président de la Confindustria dans les années 90. A la surprise générale, le candidat du Sud l’a emporté sur le candidat des « grandes familles » de la bourgeoisie industrielle. Le candidat battu assurait la continuité : bonnes relations et négociations avec les syndicats, relations équilibrées avec les partis politiques, alors que le nouveau venu était porteur d’une volonté de distance avec les syndicats et avec une régulation sociale consensuelle et d'un rapprochement avec le Centre-droit et son leader Berlusconi. Mais en 2004, nouveau renversement, c’est le candidat des grandes entreprises et en particulier de la FIAT qui l’emporte. Aussitôt dans son discours programme, il prend ses distances avec le gouvernement et propose de relancer le dialogue avec les syndicats.
Celle des territoires. Les patrons italiens sont marqués par les bassins d’emploi dont ils sont issus : Turin, Milan, Parme, la Lombardie, etc. Les structures territoriales des fédérations patronales sont fortes, jouent un rôle important dans les débats et apportent une solidarité de proximité telle que souvent les chefs d’entreprise ne cotisent qu’à leur structure territoriale alors qu’ils sont censés pratiquer une double cotisation, professionnelle et territoriale. « Le niveau territorial s’impose à nouveau comme le levier privilégié de l’action patronale. Encore aujourd’hui, les employeurs tendent à y voir l’espace pertinent de l’agrégation et de la défense de leurs intérêts »
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Le Royaume-Uni présente un mode de structuration des employeurs profondément différent des modèles que l’on trouve sur le continent. « Tout au long de plus de deux cents ans d’histoire industrielle, sociale et politique, les organisations patronales britanniques se caractérisent non seulement par leur extraordinaire flexibilité, mais aussi par la cohabitation de pratiques contradictoires ne cherchant pas à se fondre dans des principes directeurs centraux. La seule ligne de conduite clairement identifiable est celle du « volontarisme », qui laisse aux parties prenantes de l’activité économique la responsabilité de leur structuration et de leurs relations réciproques. En conséquence, les organisations d’employeurs ne se laissent guère inscrire dans un modèle central de référence ».
En conséquence, on dénombre différentes organisations patronales
La Confédération de l’industrie britannique CBI est la principale organisation. Elle recueille deux types d’adhésions :
- D’une part des entreprises directement 2 000 environ), et en cela elle est différente des confédérations continentales qui ne reçoivent pas l’adhésion directe des entreprises. Ces deux mille entreprises sont parmi les plus grandes et emploient quelque quatre millions de salariés.
- D’autre part des trades associations (180 sur 300 existantes) qui revendiquent 200 000 entreprises qui représentent six millions de salariés.
Mais un certain nombre d’entreprises sont à la fois adhérentes à la CBI et à une trade association. Il arrive même que des entreprises soient adhérentes à plusieurs trades associations.
La CBI déclare que ses membres emploient plus de 7 millions de salariés, ce qui représente un tiers du secteur privé. Sa vocation est la représentation et l’expression des positions de ses membres aux autorités politiques et la fourniture de conseil, d’information et d’échanges. Elle est considérée par le gouvernement comme le porte parole principal des employeurs sur les problèmes de relations professionnelles. Elle est associée comme le TUC aux consultations officielles des pouvoirs publics sur les projets de lois et participe aux institutions existantes tripartites, arbitrage, etc. La CBI ne dispose d’aucun mandat pour mener des négociations directes avec le TUC, ce qui ne signifie pas qu’il ne puisse y avoir de confrontation. Le directeur de la CBI est régulièrement invité à s’exprimer lors du congrès annuel du TUC.
Les trade associations constitue l’organisation primaire des entreprises en regroupent les entreprises par nature d’activité. Trois cents sont adhérentes au Trade Associations Forum. Elles ont pour fonction de représenter leur secteur face au gouvernement et à l'opinion publique. Elles offrent en général des services à leurs adhérents : conseil, formation, conférences.
Les organisations d’employeurs se distinguent des précédentes parce qu’elles assument des fonctions sociales et négocient le cas échéant au nom de leurs membres. Certaines trade associations ont la double vocation, représentation et sociale. Les organisation d’employeurs peuvent ou non conduire des négociations collectives, selon que cette forme de régulation existe encore dans leur secteur. Outre leur rôle de lobbying, elles proposent des services à leurs adhérents : conseils, formation, information sur la législation, protection juridique, etc.
Il existe aussi des chambres de commerce organisée à partir du niveau local jusqu’au niveau central. Contrairement à la majorité des pays du continent, l’adhésion à une chambre de commerce n’est pas obligatoire. Les chambres de commerce n’interviennent pas directement dans les questions sociales, sauf quand elle sont sollicitées pour donner un avis au gouvernement sur des questions comme le salaire minimum. Elles offrent assistance, conseil et formation.
Enfin, l’Institut of Directors représente les dirigeants d’entreprise qui adhèrent à titre individuel et qui sont plus de 50 000, surtout de petites et moyennes entreprises. Ses fonctions sont l’expression de positions sur différentes questions relevant de la gestion de l’entreprise, y compris sur les questions sociales et les services de conseil et de formation.
Une Small Firm Association prend en charge spécifiquement la représentation des petites entreprises.
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FRANCE
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Plusieurs organisations patronales assurent la représentation des employeurs.
Le MEDEF : 85 fédérations professionnelles et 165 unions territoriales 600 syndicats qui le constituent. Son budget s'élève à 110 millions de francs. C'est la Commission Sociale avec son Président qui mène les négociations avec les confédérations syndicales.
La CGPME est la confédération des petites et moyennes entreprises. 310 confédérations et fédérations, 112 unions territoriales, 3 200 syndicats professionnels.
L'UPA est l'union des professions de l'artisanat, entreprises de moins de 10 salariés. Trois confédérations CAPEB, bâtiment, CGAD alimentation de détail, CNAMS métiers et services. 50 fédérations et unions professionnelles, 23 unions régionales, 91 départementales, 4 500 syndicats départementaux.
Ces trois organisations participent ensemble aux négociations nationales interprofessionnelles, à la gestion des organismes de la protection sociale et, lorsqu'il y a lieu, aux concertations avec les pouvoirs publics (table ronde...)
A ces trois organisations confédérales s’ajoutent dans le cadre de la concertation tripartite avec les pouvoirs publics, l’UNAPL qui regroupe les employeurs des professions libérales et la FNSEA au titre des employeurs agricoles.
Ces cinq organisations constituent l'essentiel de la représentation patronale. Néanmoins quelques mouvements patronaux de chefs d’entreprises radicaux ne voulant pas être représentés par les organisations « officielles » surgissent parfois.
Tableau Résultats des élections prud’hommes 1997.
Collège employeur.
Abstention : sur 920 000 employeurs inscrits, 79 % d’abstentions. Liste CNPF-CGPME-UPA-UNAPL-FNSEA : 88 % des voix; SNPMI : 6 %, CIDUNATI : 0,75 %.
Les entreprises de l’économie sociale, associations, mutuelles, coopératives, qui emploient plus d’un million et demi de salariés, ont enfin créé en Décembre 1994, une Union d’employeurs (Usgeres) qui depuis n’avait pas pris d’initiative.
A côté de ces cinq organisations représentatives qui participent à la concertation avec les Pouvoirs Publics et aux négociations sociales avec les organisations syndicales, diverses associations et clubs réunissent des chefs d'entreprise, sur la base de l'affinité et non sur celle de la situation.
Le Centre des jeunes dirigeants tente d'être un laboratoire d'idées et de jouer un rôle d'aiguillon auprès des organisations patronales. Le Centre du Patronat Chrétien entretient les valeurs de la doctrine sociale de l'Église. Par ailleurs, différents clubs accueillent les chefs d'entreprise qui veulent réfléchir ensemble, à l'écart du CNPF que beaucoup d'entre eux ne tiennent pas en grande estime. L'AFEP est un groupe de pression discret qui regroupe les plus grandes entreprises. Entreprise et Progrès, un club de réflexion et d'échanges plus ouvert. L'Institut de l'entreprise entreprend des études en liaison avec le MEDEF. Ces différents clubs ainsi que les rencontres par affinités de certains PDG montrent à la fois la difficulté des institutions patronales à rassembler et l'envie des chefs d'entreprise de réfléchir ensemble ou avec d'autres aux problèmes de la société française. Le leadership exercé par le MEDEF dans la défense et l'expression des chefs d'entreprise n'empêche pas la montée du pluralisme des points de vue patronaux.
Enfin, les chambres consulaires constituent une troisième forme de représentation patronale. Les Chambres de commerce et d'industrie, les chambres d'agriculture et les Chambres de métiers sont davantage des organismes prestataires de services que des représentants du monde patronal. Leurs moyens, assis sur une taxe parafiscale, en font néanmoins une force non négligeable en certains domaines : gestion des ports, des aéroports, apprentissage, services divers aux entreprises. Leurs ressources sont de l’ordre de 20 milliards de F. D'après un rapport récent, les Chambres consulaires ne sont pas exemptes de faiblesses. "L'intervention des C.C.I. correspond plus parfois à ce que l'institution pense pouvoir faire que ce que les chefs d'entreprise attendent d'elles". Une réforme doit être engagée pour renforcer le niveau central et le niveau régional.
Ces différentes organisations patronales ne sont pas dans la même situation concurrentielle que les différentes organisations syndicales de salariés. Il n'y a qu'un chef d'entreprise. Néanmoins, ces différentes organisations peuvent s'affronter sur certaines questions. La formation professionnelle est, par exemple, un terrain où les enjeux de pouvoirs et financiers provoquent des heurts entre les uns et les autres, notamment entre les CCI, les structures mises en place par le MEDEF et celles mises en place par la CGPME. Il y a aussi concurrence entre la CGPME et le MEDEF dans la prise en charge des questions relatives aux petites et moyennes entreprises.
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