| |
|
|
| ../Europe/Territoires/.. |
| LES SYNDICATS DANS LES P.E.C.O. |
 |
| La démocratisation a bousculé les syndicats existants ... |
... qui étaient des courroies de transmission des gouvernements et des chefs d’entreprise. Les syndicats étaient intégrés au système et servaient d’instrument d’intégration des travailleurs.
Néanmoins, ils disposaient de moyens importants et géraient des services sociaux, des centres de vacances, etc. Les syndicats ont perdu le soutien des pouvoirs publics et des gestionnaires des entreprises, dont un certain nombre ont été par ailleurs privatisées. Les directions des entreprises reprises en mains par des groupes européens savent entretenir une relation directe avec les salariés et ont mis fin au monopole d’information des syndicats.
Les salariés autrefois dans une situation d’obligation d’adhérer ont pris aussi leurs distances. Si une partie des salariés souhaitaient des changements, les effets de la libéralisation avec le développement du chômage, la fermeture d’entreprises ont poussé les salariés à se détourner des syndicats, des uns parce que anciennement communistes, les autres parce que trop défenseurs du libéralisme.
La libéralisation de ces pays a donc entraîné un bouleversement chez les syndicats, d’autant plus grand qu’est aussi apparu le pluralisme syndical avec la naissance de différents syndicats concurrents des anciens, sommés de changer ou de disparaître. La reconnaissance dans les organes tripartites était un moyen essentiel de légitimité tant par les pouvoirs publics que vis à vis des salariés. La concurrence entre les syndicats en a été d’autant plus vive. Depuis le début des années 2000, il semble que la tolérance entre syndicats progresse. Les anciens syndicats acceptent la présence des nouveaux tandis que ces derniers reconnaissent que les anciens syndicats se sont réformés. Néanmoins, la syndicalisation demeure en recul dans la plupart des PECO.
Les fermetures d’entreprises publiques ou leur privatisation alors que les syndicats y étaient particulièrement puissants, le développement des PME où le syndicalisme a partout du mal à être présent, la croissance du chômage, les polémiques entre syndicats, le peu de résultat des négociations et la modération salariale, expliquent que le taux de syndicalisation soit inférieur à celui de la moyenne des pays de l’Union européenne. |
| Taux de syndicalisation UE Eiro 2002 |
UE taux moyen |
43,8 |
Candidats taux moyen |
34,1 |
Chypre |
70 |
Malte |
66 |
Slovénie |
41 |
Slovaquie |
40 |
Tchéquie |
30 |
Lettonie |
30 |
Hongrie |
20 |
Lituanie |
15 |
Pologne |
15 |
Estonie |
15 |
|
| |
| Structuration |
Selon les pays, deux situations se présentes :
- soit une confédération dominante coexiste avec des organisations rivales plus petites, Tchéquie, Estonie, Lettonie, Slovaquie, Slovénie
- soit il y a bipolarisme, entre deux organisations égales comme en Pologne et en Bulgarie
- soit un grand nombre d’organisations se concurrence souvent pour des raisons idéologiques, comme en Roumanie et en Hongrie
Pologne
Après le retour de la démocratie, deux confédérations se sont reconstituées :
l’OPZZ, ancien syndicat « officiel », qui revendiquait en 1998 4 millions de syndiqués et 110 syndicats. C’est le premier syndicat de Pologne.
Solidarnosc, qui fut l’instrument principal de libéralisation du pays, avec 1,5 million d’adhérents en 1998.Mais les transformations de l’économie ont entraîné une forte chute des adhérents : en 2002, seulement 6 % des salariés étaient syndiqués. Le déclin des secteurs traditionnels, la privatisation des entreprises de l’Etat ont touché le cœur des syndicats là où les salariés étaient fortement syndiqués
Par ailleurs, les syndicats se sont aussi décrédibilisés dans de nombreuses entreprises par le manque de compétence de leurs représentants.
Enfin, les employeurs du secteur privé sont largement opposés à la présence de syndicats dans leur entreprise.
Les syndicats ont réagi. Solidarnosc s’appuie sur l’aide des syndicats européens pour se moderniser et s’implanter dans les entreprises européennes situées en Pologne. De son côté, l’OPZZ s’est transformé en FZZ, Forum des syndicats, a abandonné le « label » communiste et accepte l’économie de marché tout en étant plus prudent que Solidarnosc sur les privatisations. Grâce à ces changements, le FZZ a retrouvé des adhérents.
Tchéquie
Le taux de syndicalisation serait d’environ 30 % et la tendance est encore à la baisse.
Plusieurs confédérations existent, les unes issues des anciens syndicats réformés, les autres créés après la chute de l’ancien système.
la confédération tchéco-morave représente 80 % des syndiqués, 1,1 million d’adhérents, 30 fédérations sectorielles
la confédération des arts et de la culture, 100 000 adhérents, 16 syndicats sectoriels
l’Association des syndicats indépendants
l’Union syndicale de Bohème, Moravie et Silésie, 50 000 membres.
De grandes rivalités ont existé entre ces organisations durant les premières années de la libéralisation. On assiste aujourd’hui à un progrès de la tolérance et même des pas vers une coopération entre organisations.
La Slovaquie
Une confédération, KOZ, est dominante en regroupant 90 % des syndiqués du pays avec 650 000 adhérents.
Une confédération des syndicats chrétiens indépendants regroupe 100 000 adhérents et quelques syndicats sectoriels, chemins de fer, métallurgie sont restés en dehors de KOZ
KOZ est plus une association de syndicats sectoriels qu’une confédération. KOZ laisse en effet toute liberté à ses membres qui ne sont pas obligés d’accepter les décisions de KOZ.
Hongrie
Plusieurs organisations existent :
MSZOSK, successeur de l’ancienne confédération, recréée en 1988 sous forme d’une fédération de syndicats sectoriels, comptait en 2002 320 000 membres.
ASZOK, confédération de syndicats sectoriels indépendants, peu nombreux mais influents dans la chimie, les chemins de fer.
LIGA, ligue démocratique des conseils ouvriers, créée en opposition avec l’Etat-parti
MOSZ, Alliance des conseils ouvriers, qui regroupe des ouvriers qualifiés militants pour l’autogestion
SZEF, organisation sectorielle de la fonction publique et du tertiaire
ESZT, association des travailleurs intellectuels
Les rivalités politiques et idéologiques autant que la concurrence pour l’adhésion ont eu pour résultat d’éloigner les salariés des syndicats.
|
| |
|
|