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Le patronat est son organisation :
CONFEDERATION, FEDERATIONS PROFESSIONNELLES, UNIONS TERRITORIALES
Alors que le syndicalisme ouvrier s'est créé par nécessité, s'organiser pour améliorer et négocier les conditions d’emploi des salariés, les chefs d’entreprise n’avaient pas de raisons déterminantes qui les conduisent à se regrouper. Au contraire, le chef d'entreprise est d’abord un individualiste qui gère une entreprise en concurrence avec d’autres chefs d’entreprise. C’est la crainte des mobilisations du mouvement syndical et les menaces de lois sociales des gouvernements qui ont conduit dans un premier temps les patrons à se structurer.

Les fédérations professionnelles sont une nervure importante du syndicalisme patronal. Ces unions se sont créées pour défendre la profession, vis à vis de l'État, vis à vis de la concurrence étrangère, pour négocier les autorisations d'augmentations des prix, puis pour négocier avec les fédérations syndicales les salaires, les classifications, etc. Cette identité professionnelle a davantage forgé le patronat que le niveau confédéral sans grand pouvoir pendant longtemps. Le parallèle peut d'ailleurs être dressé avec le syndicalisme salarié où les cultures professionnelles sont encore largement dominantes. Il y a, malgré les oppositions de situations, un fond commun professionnel entre métallos, entre gens du bâtiment, que l'on soit patron ou syndicaliste. Mais, l'un des problèmes de l'organisation professionnelle du patronat est son extrême hétérogénéité. A côté de grandes unions professionnelles comme la métallurgie, le bâtiment, le commerce, il existe de petites chambres patronales sans grands moyens. D'un côté, des fédérations ayant plusieurs dizaines de permanents capables d'offrir des services aux entreprises adhérentes, de l'autre des chambres patronales avec pour tout personnel un permanent polyvalent. Les unions professionnelles patronales sont plus nombreuses que les fédérations syndicales professionnelles et parfois plus concurrentes entre elles. C’est le cas par exemple de l’hôtellerie et des routiers où plusieurs unions patronales existent. Les unions professionnelles regroupent des syndicats locaux, régionaux ou nationaux. Leurs modes d’organisation sont dissemblables d’une union à l’autre. Certaines ont des permanents sur le territoire, d’autres non. Il en est de même des organisations territoriales. Certaines sont locales, d’autres départementales. Elles reçoivent les adhésions de groupements professionnels locaux, mais aussi les adhésions directes de certaines entreprises.

Preuve des difficultés à conduire des mutations des organisations professionnelles, la FFSA, fédération française des sociétés d'assurance n'est pas parvenue en 2007 à faire accepter une réforme de ses statuts par ses différentes composantes. Opposition entre grandes sociétés et les plus modestes, entre familles, sociétés anonymes, sociétés mutuelles, bancassurances, présidence tournante ou pas, redondance entre bureau et commission exécutive, ses questions concrètes n'pnt pu trouver de consensus et la réforme a été reportée à plus tard.

Le rapport des forces entre fédérations de l’industrie et fédérations des services s’équilibre après avoir été longtemps en faveur de l’industrie, par le biais de l’UIMM. L’élection de L.Parisot issue des services illustre cette mutation interne.

Les unions territoriales du MEDEF demeurent le parent pauvre du syndicalisme patronal. Sans doute parce qu'elles n'avaient pas de rôle véritable. L'évolution actuelle à la fois de l'administration publique et du pouvoir des élus territoriaux comme du comportement des responsables d'entreprise, sensibles à des réponses de proximité, devrait conduire à une valorisation des unions territoriales. Mais alors que le patronat dénonce le centralisme de l’Etat, il ne parvient pas à se territorialiser et notamment ouvrir le dialogue social à ce niveau.
L’organisation du monde patronal est beaucoup moins simple que celle des syndicats de salariés. Des entreprises cotisent à plusieurs groupements professionnels. Des groupements professionnels adhèrent à la fois au MEDEF et à la CGPME. Enfin, les grandes entreprises ont du mal à se faire entendre du MEDEF, car elles n’adhèrent pas directement. Bref, l’organisation du monde patronal est tout sauf unitaire et rationnelle. Des conflits d’attributions, de pouvoirs, de financement et de positionnement sont multiples. Cette situation d’anarchie a poussé l’ancien président du CNPF qui a précédé le MEDEF, Jean Gandois à proposer une réforme de la confédération patronale, après avoir résumé sa pensée : “Nous sentons le vieux”.

Après les fédérations professionnelles et les unions territoriales, on trouve le niveau confédéral.
Le MEDEF est organisé de la façon suivante : Une Assemblée générale de 591 responsables, dont 560 votants dont 380 mandatés par les fédérations professionnelles, 170 par les unions territoriales. Cette assemblée qui se réunit tous les ans élit un conseil exécutif de 45 membres, 22 délégués de fédérations professionnelles, 12 d’unions territoriales et 10 personnalités désignées par le ou la président. Les ¾ de ses membres doivent être des entrepreneurs en activité.Le Conseil nomme un bureau ainsi que la liste des commissions et des présidents de ces commissions. En 2005, le bureau du MEDEF avait 12 membres et les commissions étaient les suivantes : économie ; relations du travail et politique du travail, développement des territoires, Europe, protection sociale, fiscalité, international, recherche et innovation, formation, droit de l’entreprise, entreprises et société, dialogue économique, nouvelles générations.

Dans le domaine de la régulation sociale, les Directeurs de ressources humaines jouent un rôle particulier. Ils n'ont pas le monopole des affaires sociales, car les directeurs de site et d'établissement exercent des mandats qui les mettent au prise avec les questions de personnel et leurs représentants. C'est ainsi qu'ils président le comité d'entreprise et reçoivent régulièrement les délégués syndicaux. En cas de conflit collectif, ce sont eux qui conduisent les initiatives de l'entreprise, tant sur le plan interne que sur le plan extérieur: relations avec les Pouvoirs publics, la presse...En cas d'accident grave de travail, ce sont eux qui sont responsables. De même, de nombreux cadres exercent de fait des responsabilités sociales: embauche, évaluation, choix des formations...Mais ce sont les DRH qui sont les spécialistes des relations sociales. Cette fonction a beaucoup évolué. Elle est moins disciplinaire, moins juridique. Elle devient une aide à la valorisation des personnels et à la création d'un dialogue social positif tout en étant la direction qui met en œuvre la régulation de la masse salariale. Cette modification dans les contenus des missions et dans la qualité des responsables des ressources humaines n'est pas pour rien dans les difficultés du syndicalisme en entreprise. Des délégués syndicaux sont débordés par les initiatives des directions de ressources humaines dont le rôle dans un certain nombre d'entreprises est moins de gérer l'affrontement avec les syndicats qu'animer une politique sociale et donc s'adresser directement au personnel: temps partiel, formation qualifiante, intéressement élevé. Les DRH ont fondé une association professionnelle: l'ANDCP.