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| LE DEVENIR DES SYNDICATS |
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sigle |
libellé |
Secrétaire Général |
logo |
| CFDT |
confédération française démocratique
du travail |
François Chérèque |
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| CFE-CGC |
confédération française de l'encadrement |
Président:
Bernard Van Craeynest
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| CFTC |
confédération française des travailleurs chrétiens |
Président:
Jacques Voisin |
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| CGT |
confédération générale du travail |
Bernard Thibault |
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| CGT-FO |
confédération générale du travail- Force Ouvrière |
Jean-claude Mailly |
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| Les observateurs ont commencé à parler de crise du syndicalisme à partir du début des années 80 ... |
... Le recul des adhésions a commencé en fait au milieu des années 70 peu après l’émergence du chômage de masse.
Contrairement à ce qui s’était passé en 36, l’alternance de 1981 n’a pas provoqué un mouvement d’adhésions. D’autres critères de santé des syndicats passent aussi au rouge : recul de la participation électorale et progrès des voix des non syndiqués aux élections professionnelles, recul des implantations syndicales.
L’image des syndicats dans les sondages devient majoritairement négative.
A ces mauvais chiffres, s’ajoute l’apparition de coordinations dans certains conflits : infirmières, routiers, cheminots. Mais ces chiffres se redressent au milieu des années 90. |
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| Indice de confiance des syndicats |
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1982
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1988
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1997
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2005
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44 |
45 |
54 |
57 |
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| Présence syndicale dans les établissements de plus de 50 salariés |
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| Voix des non syndiqués aux élections CE |
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1972/73
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1982/83
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1992/93
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1994/95
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2002/2003
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16% |
20,5% |
28,1% |
27,9% |
21,7% |
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La participation électorale aux élections professionnelles après un recul s’est redressée et demeure nettement au-dessus de 60%.
Quant aux adhésions, différents auteurs constatent une stabilisation d’un niveau d’adhésion particulièrement faible.
Une organisation se distingue : la CFDT qui par la mise en place d’une politique spécifique est parvenue à redresser sa courbe d’adhésion et passer en positif après avoir dépassé son plus bas niveau.
Une crise structurelle
Le redressement de ces indicateurs ne doit pas masquer un mouvement de fond : les difficultés structurelles du syndicalisme à se renouveler, à renouveler ses cadres, ses thématiques, ses pratiques.
Les syndicats parviennent difficilement à recruter de nouveaux membres, à recruter des militants de valeur.
Le vieillissement des cadres touche aussi le syndicalisme. Les jeunes, les femmes sont minoritaires dans les rangs syndicaux. Le syndicalisme est davantage présent dans la fonction publique, les entreprises publiques, certaines grandes entreprises industrielles que dans les services, les PME.
A cette représentativité affaiblie, s’ajoute le recul des capacités revendicatives et des rapports de force.
Les conflits de certaines professions ou entreprises publiques ne doivent pas cacher que dans le secteur privé ordinaire, les forces syndicales sont sur la défensive.
Cette crise a des racines profondes : la fin des grande idéologies qui ont nourri les engagements militants, la poussée de l’individualisme qui limite les engagements à des projets concrets ; la distance des citoyens à l’encontre des institutions et de la représentation ;
la persistance d’un chômage de masse et la multiplication des plans sociaux avec leurs cortèges de licenciements collectifs, la transformation de nombreux métiers et modes de production, l’impact des nouvelles technologies, la fin des grandes usines, le poids de formes d’emploi diverses. Les licenciements, les plans sociaux ont mis à la retraite une génération plus sensible au syndicalisme que les jeunes et freiné la transmission d’une culture sociale entre générations.
Le syndicalisme a perdu aussi de nombreux militants par l’effet des licenciements économique, environ 10 000 par an depuis 1985. La croissance du chômage a freiné une part des revendications syndicales comme elle pèse sur l’appétit revendicatif des salariés
Les politiques managériales ont évolué, se sont sophistiquées et nécessitent experts, communication et un management syndical nouveau. L’autoritarisme entrepreneurial est moins évident, l’allégement des lignes hiérarchiques, la pression du client, la diversification des horaires, la pression du temps réel, ont transformé l’entreprise et une part des rapports sociaux. Le management social a parfois de l’avance dans ses initiatives. Le syndicaliste haranguant les masses doit faire place à l’expert, au stratège, à l’animateur.
Le monde du travail est bouleversé et sa représentation l’est tout autant. |
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| Les syndicats affrontent trois grands défis |
Face aux déficits des protections sociales et à la nécessité de préserver la compétitivité des entreprises dans un monde de concurrence, quelle attitude les syndicats doivent ils adopter ? S’opposer à tout changement et alors ne pas les influencer et être marginalisés par une image de conservateurs ? Ou participer pour réformer plus justement. Comment expliquer aux salariés qu’il faut redéployer des garanties sociales ? Comment en ce cas conserver leur soutien si d’autres font le pari d’un corporatisme de défense des acquis ?
- La gestion du social ne cesse de se décentraliser. La négociation collective, la mise en œuvre des politiques sociales « descendent » dans les établissements, les bassins d’emploi. Le syndicalisme s’est construit dans une logique centraliste, de généralisation des résultats, d’accords nationaux. Il lui faut passer à une autre logique, construire une logistique d’appui à ses équipes locales, ce qui change largement le rôle des structures syndicales.
- La mondialisation est en marche. Reste à construire celle du syndicalisme et des règles sociales. Des organisations existent, une réglementation émerge, mais il faudra davantage.
A ces transformations que connaissent tous les pays et tous les syndicalismes, la France apporte sa spécificité : une division plus accusée et un soupçon de politisation des syndicats aujourd’hui injustifiée pour la plupart.
Face à ces transformations les organisations syndicales françaises apportent des réponses différentes.
Elles s’opposent même sur la reconnaissance de ce diagnostic.
Un ensemble veut poursuivre un syndicalisme de défense des acquis, plus critique que proposant, estimant que le rôle syndical n’est ni de prendre en compte la situation de l’entreprise, affaire du manager, ni celle de la société, affaire de l’Etat et du pouvoir politique.
Un autre pense qu’il faut contester, mais aussi proposer, redéployer les acquis sociaux, prendre en compte la société et l’entreprise pour y apporter des changements.
Un syndicalisme cherche à adapter les contenus et les modes de son action comme ses modes d’organisation, un autre cherche à préserver les caractères qui anciennement faisaient sa force. |
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