Retour à l'accueil envoyer un courriel a clés du social Qui est clés du social ? Rechercher un article sur le site Vous abonner à la newsletter Les sites utiles :
sélection de clés du social
Soutenir les clés du social :
comment faire ?
Les derniers articles en un clic :
abonnez vous au flux rss du site !
Le site " clés du social" propose sur le champ du social des informations et des réactions sur l'actualité, une documentation sur la France et l'Europe, des argumentaires et des synthèses
../France Sociale/Syndicats/..
 
 
 
LE PLURALISME SYNDICAL
Le syndicalisme français est particulier au regard de ces situations. Le pluralisme syndical y est à la fois catégoriel et professionnel ainsi qu'idéologique.
 

Un pluralisme catégoriel.

Une organisation nationale interprofessionnelle propre aux cadres et agents de maîtrise, CFE-CGC a été reconnue comme l’une des organisations syndicales les plus représentatives. Mais chaque confédération existante a créé une organisation pour les cadres, UGICT-CGT, UCC-CFDT, etc. Il a donc concurrence, non spécialisation. La somme des voix aux élections professionnelles de ces organisations de cadres rattachées aux confédérations dépasse aujourd'hui les voix recueillies par la seule CFE-CGC. Cette dernière a été même dépassée par la CFDT lors des élections prud’homales.

Les fonctionnaires ont donné naissance à différentes organisations syndicales. Chaque confédération a créé une organisation pour les fonctionnaires, mais cela n’a pas empêché des militants de créer des organisations propres aux fonctionnaires.

Depuis les années 90, le syndicalisme de la fonction publique et des entreprises publiques s’est redéployé. Un certain nombre de syndicats autonomes se sont regroupés sous la bannière de l’UNSA qui tente aussi de recruter dans le secteur privé afin de devenir une sixième confédération reconnue représentative. De nouveaux syndicats se sont créés dans différents secteurs de la fonction publique et dans différentes entreprises publiques et ont adopté le sigle Groupe des Dix SUD comme intitulé commun. A son tour, le Groupe des Dix tente de s’implanter dans le secteur privé.
La FSU, syndicat d’enseignant rival de l’UNSA, a de son côté amorcé un prudent élargissement de son champ de compétence pour aller au-delà du monde enseignant : ANPE, inspecteurs du travail, par exemple .

Une division idéologique

A la Libération, quatre grandes organisations syndicales existent : la CGT, la CFTC, FO, la FEN, (éducation nationale) et différents syndicats catégoriels. Cinquante ans plus tard, le paysage syndical français s’est encore diversifié :

la CGT a coupé les ponts visibles avec un Parti communiste en voie de désagrégation, mais elle demeure au milieu du gué de sa transformation en une véritable organisation syndicale capable de négocier et pas seulement de dénoncer. Elle est tiraillée entre le désir de participer à la négociation et la crainte d'être débordée à sa gauche. La proportion importante de militants du secteur public et de sympathisants d’une gauche radicale handicape son évolution.

La CFTC a donné naissance à la CFDT, déconfessionnalisée, réformatrice et contractuelle, à l'origine de nombreuses réformes mais affaiblie par un environnement défavorable à une culture réformiste. Sa prise en compte de l'intérêt général lui vaut l’agressivité des composantes corporatistes La sensibilité de ses militants lui crée une unité interne toujours à reconstruire.
Une CFTC se maintient comme la petite organisation chrétienne allemande; elle sert de témoin aux acteurs sociaux.

Une FO qui se veut le porte parole de ses seuls mandants, ayant perdu une part de sa volonté négociatrice au profit d'une expression plus contestatrice, défendant au besoin avec des accents populistes les acquis sociaux.

l'UNSA qui a repris le flambeau contractuel et réformiste de FO et qui se situe entre cette dernière et FO

Une FEN qui a éclaté entre socialistes qui sont à l'UNSA

• et anciens communistes qui sont à la FSU, équivalent de la CGT en milieu scolaire et universitaire
• Une organisation radicale, Solidaires, prônant la fin du capitalisme et pratiquant un syndicalisme de guérilla, d’appels systématiques à la grève, à la poursuite de la grève, au détriment de toute pratique contractuelle.

Dans cette dispersion du syndicalisme français, les militants du secteur public, entreprises et fonction publiques, jouent un rôle moteur.

 
Ainsi aujourd'hui, trois camps se partagent le syndicalisme français...

 

Un camp du syndicalisme corporatiste, qui défend des professions, des catégories, des métiers, sans chercher à arbitrer avec les autres professions et catégories. Un syndicalisme de la feuille de paie et des avantages sociaux, pas de la solidarité et de l'engagement dans des réformes sociales. Un syndicalisme qui se dit réformiste pour s'opposer à la qualification de révolutionnaire, mais qui n'accepte aucune réforme, qui ne pense aucun changement social, qui ne se préoccupe pas des enjeux sociétaux. Plutôt que réformiste appelons-le syndicalisme de défense.

Un camp de la contestation, qui s'oppose aux changements, aux réformes, mais en y greffant un mot d'ordre de lutte contre la société capitaliste, de défense des opprimés, de lutte de classe, d'anti-mondialisation. Ce syndicalisme s'affronte surtout à l'Etat, privilégie les manifestations amalgamant des revendications générales. Ce syndicalisme ne privilégie pas la négociation et laisse aux autres syndicats le soin de signer. Sa fonction principale est une fonction tribunicienne de dénonciation, d'expression revendicative sans limites et d’agitation sociale.

Un camp de la réforme et de la consolidation d'une société civile en particulier par le développement de la négociation. Acceptant ou réclamant des réformes, ce syndicalisme est disponible pour s'engager dans des pactes sociaux, s'efforce de faire évoluer les institutions sociales. Le camp "des réformateurs" (qui ne se réduit pas accepter des compromis et à négocier), qui regroupe ceux qui formulent des propositions.

Qui gravite autour de ces pôles, comment classer chacune des organisations dans ces trois attractions ?

Le premier pôle, celui de la défense sociale, attire FO, CGC, CFTC, une part de l'UNSA, des morceaux de la CGT. Le deuxième pôle attire davantage la CGT, le Groupe des Dix, une part de FO, des petits morceaux de la CFDT. Le troisième pôle attire la CFDT, une part de l'UNSA, des petits morceaux de la CGT.

En fait, ces trois pôles sont des pôles d’influences. Chaque organisation est attirée, influencée par chacun de ces pôles. Mais l'un est dominant pour chacune. Mais aujourd'hui, la convergence entre le premier camp, celui de la défense et le deuxième, celui de la contestation forme une des plus surprenantes exceptions françaises.

 
dates évènement
- 1895: création de la CGT
- 1919: création de la CFTC
- 1921: scission CGT entre les communistes et les autres
- 1936: réunification de la CGT
- 1939: exclusion des communistes de la CGT
- 1943: réintégration des communistes dans la CGT
- 1945: création de la CGC
- 1947: scission CGT entre les communistes et les autres qui partent de la CGT
- 1948: création de la CGT-FO issue de la CGT
- 1948: création de la FEN
- 1964: scission : la CFTC devient la CFDT; la minorité poursuit la CFTC.
- 1993: scission FEN, création de la FSU et de l’UNSA.
- 1998 : Le groupe des Dix-Sud se constitue en union syndicale