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La mobilité des salariés se développe

samedi 2 juin 2018

La mobilité professionnelle est présente lors de multiples débats sociaux, souvent pour dire qu’elle est insuffisante en France et que c’est une faiblesse de l’économie française. Pourtant les chiffres concrets de la mobilité vécue ou prévue des salariés remettent en cause ce postulat. C’est ce que démontre une enquête récente de l’IFOP [1].

Une majorité de salariés a déjà vécu la mobilité

Plus de la moitié (52 %) des actifs ont connu au moins 3 métiers dans leur parcours professionnel, y compris 38 % des très jeunes. Seuls 5 % n’ont connu aucun changement

Et si on se limite aux 5 dernières années, 43 % ont connu la mobilité, en nette progression sur un an : mobilité interne pour 16 %, externe pour 12 %, géographique pour 15 %. La mobilité externe a doublé dans l’année et est plus fréquente chez les très jeunes (19 %). La mobilité est plus forte chez les cadres (61 %), les actifs de 25 à 39 ans (51 %), et augmente avec la taille des entreprises.

La mobilité est en majorité réussie : 62 % l’ont trouvée positive, 27 % mitigée, et les chiffres sont encore plus positifs chez les jeunes (respectivement 70 et 22 %). Seuls 11 % ont connu une mobilité aux résultats négatifs (8 % des très jeunes).

Pourtant ce ne fut pas une opération simple pour eux : 51 % y ont rencontré un peu (37 %) ou beaucoup (14 %) de difficultés.

De nombreux actifs ont des projets de mobilité dans les 2 ans

40 % des actifs en effet envisagent une mobilité dans ce court laps de temps, à égalité entre mobilité interne (13 %), externe (14 %) et géographique (13 %), et même 46 % des très jeunes qui prévoient plus de mobilité externe (19 %) et interne (16 %).

Trois motivations dominent : le salaire pour 59 %, l’équilibre entre vies privée et professionnelle (48 %) et le souhait de changement d’environnement de travail (47 %). Les motifs professionnels autres sont moins souvent cités (aspiration à un métier, 35 % ; acquisition de compétences nouvelles, 32 %...). Mais aussi 14 % pensent à une création d’activité ou d’entreprise, 25 % souhaitent partir dans une autre région et 14 % partir pour l’étranger.

Le top 4 des régions qui attirent ces projets (citées par entre 40 et 30 % des sondés) sont la Provence Côte d’Azur, la nouvelle Aquitaine, la Bretagne et l’Occitanie.

Ceux qui n’envisagent pas de changement l’expliquent en majorité par le fait d’être bien dans leur travail (54 %), mais le manque d’opportunités joue aussi (31 %), l’impact d’une mobilité sur la vie personnelle (26 %), le besoin d’une acquisition préalable de compétences (14 %) et la crainte du changement (14 %) également.

Mais la mobilité semble encore difficile

Si le contexte économique et politique semble un peu plus favorable en 2018 que l’année précédente, une nette majorité (62 %) des sondés le pensent encore défavorable, complètement (16 %) ou plutôt (46 %). Les jeunes sont un peu plus positifs, mais le jugement positif y reste minoritaire (42 %).

Changer d’entreprise est difficile pour les 2/3 (65 %), changer de métier ou de secteur d’activité sont pensés encore plus difficiles pour les ¾ des actifs (respectivement 75 et 77 %), même si ces chiffres s’améliorent, fortement pour le changement d’entreprise (+9 points), légèrement pour le changement de métier ou de secteur (+4 et 3 points).

Cela explique que les actifs ressentent d’abord la mobilité professionnelle comme un risque (45 %), avant une opportunité (35 %), ou une nécessité (20 %).

Cependant, une reconversion professionnelle n’est pas impensable pour ces actifs en cas de ras-le-bol de leur travail actuel (46 %) ou d’envie de défi personnel (25 %).

On voit ainsi une double réalité : un taux de mobilité vécue déjà important, des résultats en majorité positifs, des projets nombreux, mais toujours une représentation mitigée de la mobilité, de ses risques et de ses difficultés.


Source


Notes :

[1Enquête auprès de 1 002 actifs, représentatifs, dont 160 de 18 à 24 ans, par un questionnaire en ligne du 20 au 22 mars 2018.