Une étude de la Cegos, cabinet privé de conseil, recrutement et formation, réalisée en mars 2006, vient de faire le point sur le Droit individuel à la formation (DIF), créé par l’accord national interprofessionnel de 2003 et repris par la loi de 2004.
Par ailleurs peu d’entreprises ont signé un accord d’entreprise sur la réforme de la formation professionnelle de 2003 : 34 % des entreprises de plus de 2000 salariés, mais seulement 13 % des 1000 à 2000 et 12 % des 100 à 249.
Deux lectures sont possibles de cette maigre utilisation de ce droit nouveau.
- La première est que 2005 est une année de transition où les directions d’entreprise et les branches ont étudié les textes, négocié et mis en place les dispositifs. 2006 devrait être alors une année où l’usage du DIF commence à se répandre.
- La seconde est que ce droit, individuel, dépend aujourd’hui pour beaucoup de l’attitude des managers de proximité et du management en général. Ou il y a encouragement, voire conseil des managers vers telle ou telle formation ou le salarié, sans projet précis (56% des salariés qui pensent ne pas utiliser le DIF disent ne pas avoir de projet pour justifier leur demande) ne fera pas de demande.
Les syndicats, créateurs du droit, ne peuvent en rester à ce constat d’un faible usage du DIF dont le développement ne dépendrait que de la bonne volonté du management. Les représentants du personnel seraient bien avisés d’informer, mais surtout discuter, confronter, conseiller les salariés dans une logique de service aux salariés, et d’abord à leurs adhérents.
Rêvons à des sections syndicales qui apporteraient, en échange de la cotisation syndicale, une aide technique intelligente au montage d’une demande de formation et de sa réalisation.
D’autant que ces derniers sont favorables à cette réforme de la formation : les deux tiers pensent que ce droit individuel va leur apporter plus de possibilités pour évoluer personnellement. Mais, et c’est là le problème, dans la même proportion, ils ne savent pas comment faire appel à ce droit et s’ils vont l’utiliser.
L’usage d’un droit individuel ne saurait se passer d’un appui collectif. Selon la même enquête de la Cegos, 54 des salariés ont bénéficié d’une formation au cours des trois dernières années : 30 % à l’initiative de l’entreprise, 29 % à leur initiative, 41 à l’initiative des deux Il y aurait un côté angélique à laisser les salariés se débrouiller tous seuls. Ce n’est pas parce qu’un droit est individualisé, qu’il ne doit faire l’objet d’une action collective.
Au contraire.
D’autant qu’il est probable que les directions d’entreprises risquent d’être pusillanimes sur une mise en œuvre qui se révélerait coûteuse dès lors que la demande se ferait massive chez les salariés ! |