Cette fois, c’est un syndicat signataire qui dénonce un accord qu’il avait lui-même soutenu.
La section syndicale CFDT du site Bosch à Vénissieux avait signé en 2004 un accord qui prévoyait de travailler une heure de plus sans compensation salariale. Les menaces de fermeture du site avaient en échange alors été abandonnées, sauvant 800 emplois, avec une nouvelle ligne de production créée. Cet accord avait été très vivement dénoncé par la CGT et FO du site qui rejetaient l’analyse de la direction et des syndicats signataires. Cette opposition à l’accord s’est ensuite poursuivie sous forme d’une guérilla incessante avec injures, calomnies, affrontements verbaux lors des réunions des institutions de représentation du personnel.
Face à ces affrontements, la direction s’est contentée de faire le service minimum : appliquer l’accord sans l’accompagner d’une politique de communication active. Pire, la direction n’a pas poursuivi des négociations sur lesquelles elle s’était engagée.
Prise à partie par deux syndicats d’un côté, sans aucun soutien du partenaire avec lequel elle a signé l’accord, il ne restait plus à la section CFDT qu’à tirer l’échelle : dénoncer l’accord. Si le contenu de l’accord est alors remis en cause, chacun sera placé devant ses responsabilités : tant la direction que la CGT et FO.
La direction de Bosch a « oublié »que si un accord se signe à deux, il s’applique aussi à deux. Par cette absence, la direction montre que ce qui l’intéressait, c’était de revenir sur la durée du travail, non de construire à cette occasion un dialogue social responsable, permettant d’engager des négociations essentielles. Elle n’a pas compris ou voulu comprendre que les contenus ont partie liée aux méthodes.
Trop souvent, les signataires pensent que l’accord est le bout du chemin, alors qu’il est le début d’un nouveau chemin. La maintenance ne concerne pas que les procédés techniques. Elle doit aussi porter sur les processus sociaux. |