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article mis en ligne le 18/10/06
UNEDIC: LA VERTU DES SIGNATAIRES
Les longues négociations ont débouché sur un accord raisonnable qui permet de tenir le déficit et d’avoir le temps de procéder à une réforme d’ensemble du régime de l’assurance chômage...

Légères améliorations des aides au reclassement, légères diminutions des conditions d’indemnisation, légère augmentation des cotisations, et petite entrée des CDD dans le système. Un coin est peut-être posé pour l’avenir. Tout cela permet de faire face au déficit et ne justifie pas des dénonciations enflammées. Il est vrai que l’épineux problème des intermittents du spectacle demeure en suspend.

La surprise est venue de FO. On savait que la CGT ne signerait en aucun cas et qu’elle n’était là que pour faire de la désinformation. On croyait par contre que FO était disposée à signer. Histoire de revenir dans le jeu et de prétendre un jour à la présidence, comme du temps de Bergeron. On a vu sa délégation participer, proposer, commenter dans la presse. On a vu un secrétaire général donnant des assurances en coulisse, une délégation entreprenante, dynamique, énervant même les autres délégations par ses jeux de scène. Et au bout de cette implication, FO décide de se retirer, sous un prétexte peu crédible.

Pourquoi alors s’être donné tant de mal ? Probablement parce qu’au moment d’acter le compromis qu’elle a contribué à élaborer, la direction de FO s’est révélée hors d’état de franchir le Rubicon, de s’engager derrière son secrétaire général. Mailly est-il à son tour  désavoué? Au grand dam de l’UIMM. Mais probablement pas du Parti des Travailleurs, si influent au sein de FO.

Côté syndical, l’accord est signé par trois confédérations qui ont recueilli 41,9% des voix aux dernières élections prud’homales. Si on était dans le cadre de la mise en œuvre du principe de l’accord majoritaire, cet accord national serait caduc. Et l’Etat devrait alors décider. La CGT espère-t-elle vraiment qu’il ferait mieux, qu’il soit de droite ou même de gauche ? Etonnement aveuglement. Le manque de générosité de l’Etat – c’est le moins que l’on puisse dire - dans sa gestion, depuis le milieu des années 80 de l’allocation de solidarité spécifique, qui relève de sa seule responsabilité, donne, hélas, la réponse

Les partenaires sociaux vont passer à l’écriture des conventions de gestion. Les non- signataires de l’accord politique vont les signer (personne n’en dira mot) et ils vont retrouver leurs chaises d’administrateurs, à Paris comme dans les différentes Assedic, leurs experts permanents, leur place dans les commissions, etc. C’est ainsi depuis le début. La non signature dans ce paritarisme-là n’a pas de conséquence.

Comment les signataires de l’accord qui assument la responsabilité de gérer, qui se font insulter par les non-signataires, peuvent-ils continuer de tolérer que l’opposition et la critique, bien normales, ne se traduisent par aucune différence entre signataires et non signataires ? Mystère ! En tous cas, c’est incompréhensible des simples citoyens et du salarié lambda, syndiqué ou non. Il ne faut pas s’y tromper : ce n’est pas ainsi qu’on surmontera la crise de la démocratie sociale représentative

notes