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article mis en ligne le 01/02/06
MODELE SOCIAL
Sondage de TNS Sofres paru dans le Monde du 10 janvier 2005 ...
Les sondages sur l’attitude des Français à l’égard de leur modèle social se succèdent. Ils traduisent leurs incertitudes autant que les clivages qui les divisent. Le dernier en date, celui de TNS Sofres paru dans le Monde du 10 janvier 2005 illustre cette attitude...
Les deux tiers des Français pensent que notre système social a besoin d’être réformé. Voila qui devrait encourager les hommes politiques. Mais, en même temps, ils affirment à 57 % que le niveau de protection sociale n’est pas un obstacle à la création d’emplois. Quels sont alors, selon eux, les obstacles ? Une majorité indique, parmi d’autres réponses, le montant des cotisations sociales ! On tient à conserver le niveau de la protection sociale, mais sans augmenter les cotisations.

Les jeunes sont plus interrogatifs que les adultes sur le sort de la protection sociale. Dans un sondage IPSOS de novembre 2005 paru dans la Tribune, une moitié pense que le système d’assurance chômage va devenir moins protecteur, l’autre moitié pense le contraire ; surtout 63% sont préoccupés par leur retraite. Pour l’avenir de la protection sociale, les jeunes intègrent davantage les difficultés du modèle, mais choisissent une solution individualiste : 56% répondent qu’il faut privilégier le financement de la protection sociale grâce au financement de chacun, c'est-à-dire non par des cotisations ou des impôts, mais par des abondements personnels et volontaires. Revenons aux obstacles à la création d’emploi. Une majorité de Français choisissent, outre le niveau des cotisations sociales, d’évoquer le comportement des entreprises : la course au profit, le manque de volonté des chefs d’entreprise, le manque de compétitivité des entreprises.

De même, si 68% des jeunes interrogés ont une bonne image de l’entreprise, ils sont aussi majoritaires à ne pas faire confiance aux entreprises en matière d’emploi ou de salaire. Les entreprises ne sont donc pas jugées positivement sur des terrains. Enfin quand on propose comme explications au manque de création d’emplois le niveau des salaires, l’attachement aux acquis sociaux, la réduction du temps de travail, le manque de solidarité des salariés avec les chômeurs, les réponses témoignent de Français divisés en deux camps égaux d’avis positifs et négatifs.

Ces réponses souvent contradictoires et en tous cas partagées montrent la nécessité d’un immense effort pédagogique des forces sociales, économiques et politiques pour réunir dans l’opinion des majorités clarifiées sur leurs propositions respectives. Il leur faut expliquer, expliquer, expliquer encore. A la question « Comment les Suédois ont-ils accepté les réformes sociales de leur modèle ? », le Premier ministre suédois répondait qu’il passait la moitié de son temps à les expliquer, les commenter.
Mesurer les résistances, constater les méconnaissances, est sans doute nécessaire. Les faire évoluer ne dépend pas des sondages, mais du courage et de la qualité pédagogique des responsables politiques, sociaux et économiques.