Selon le quotidien
Les Echos, la SNCF « doit se protéger contre la fuite de ses cheminots ». Le journal indique en effet que l’entreprise publique « a eu la surprise de constater qu’un certain nombre de ses jeunes retraités avaient rempilé chez ses concurrents ». La SNCF craindrait aussi que des cheminots en activité passent à la concurrence, attirés par un marché de l’emploi plus dynamique « permettant de mieux valoriser leurs compétences ». Cette information met fin à deux idées reçues :
La première est que les agents de conduite de la SNCF partiraient à la retraite à 55 ou 50 ans pour des raisons de fatigue extrême. Ils ne pourraient plus se concentrer suffisamment pour conduire un train. Pourquoi alors vont-ils conduire un train dans une entreprise privée au lieu de profiter de leur retraite ? Ce n’est pas par trahison à leur idéal de retraite prématurée, mais au contraire par fidélité à leur combat ! Les cheminots se sont battus pour conserver le régime spécial
de la SNCF. Ils sont contre la retraite à 60 ans « à la SNCF ». Mais en dehors de la SNCF, ils sont d’accord pour travailler après 50 ou 55 ans. Leur slogan c’est de ne pas le faire dans la SNCF pour ne pas casser son image sociale et remettre en question leurs acquis. Donc non dedans, mais oui dehors. Le cheminot peut ainsi travailler après 50 ou 55 ans, mais sans avoir trahi.
La seconde idée reçue est que, contrairement aux détracteurs du service public et aux critiques des conditions d’emploi selon eux trop généreuses des cheminots, ces derniers oseraient partir ailleurs. Et sacrilège pour aller dans le secteur privé, alors qu’ils ont défilé, « tous ensemble », pour s’opposer au libéralisme carnassier. C’est à tort que l’on pensait que la SNCF était un paradis social d’enfants gâtés, puisqu’ils en partent ! A moins que ces départs chez l’ennemi cachent une mission militante : aller dans le privé pour y semer la graine de la révolte sociale, introduire dans les concurrents de la SNCF ce goût de la grève et surtout de la grève impromptue. Il se dirait que ce sont des militants de Sud et de la CGT qui sont partis dans le privé…
On comprend mieux que la CGT, Sud et d’autres défendent le régime spécial. Vous touchez votre pension et en plus vous pouvez travailler dans le privé ! Jackpot : pouvoir bénéficier et des avantages de l’étatisme, l’entreprise publique et de ceux du libéralisme, le secteur privé.
La SNCF ferait signer aux nouveaux entrants une clause de non concurrence ! On est passé de la garantie de l’emploi à l’obligation de rester dans l’emploi !