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article mis en ligne le 24/02/07
LES ANGOISSES DE LA CFE -CGC
Un congrés révélateur
Le 33° congrès de la CGC est révélateur des difficultés de cette organisation. Ses trois cents délégués se sont interrogés sur son avenir : avec 160 000 adhérents déclarés en 2006, 7 % aux dernières élections prud’homales, peu présente dans les fonctions publiques sauf au travers des syndicat Synergie et Alliance de la police nationale, elle se sent menacée dans son existence par l’évolution du débat sur la réforme de la représentativité et les conditions de validité des accords collectifs…et par les nombreux départs en retraite de ses élus et mandatés.

Elle promeut donc une représentativité qui prenne aussi en compte le poids en adhérents : son souci de redresser la barre en nombre d’adhérents, avec l’objectif de 200 000 adhérents et de 10 % aux prud’homales de 2008, la conduit à défendre l’idée qu’il faut réserver le bénéfice des accords d’entreprise aux adhérents des seuls syndicats signataires. Cette pratique n’existe pas en Europe, où les accords bénéficient à tous les salariés, syndiqués ou pas, ce qui est vrai, n’encourage pas l’adhésion. Autres produits d’appel : la revendication d’un SMIC-cadres, égal au plancher de la Sécurité sociale, soit 2589 euros par mois et la défense des classes moyennes. De même, elle conteste, tant au niveau national que dans l’entreprise, le principe de l’ « accord majoritaire ». C’est pourquoi elle s’est opposée au rapport récent à ce propos au Conseil Economique et Social.

Est-ce un hasard si Bernard Van Craeynest, réélu président, est issu de la métallurgie (la plus grosse des fédérations de la CFE-CGC), comme le président patronal de l’UIMM Gautier-Sauvagnac, avec qui il partage la préférence pour un dispositif d’opposition majoritaire. Enfin, la CFE-CGC se sent isolée puisqu’elle est la seule organisation française à demeurer, sur le plan international, à l’écart de la CES et de la CSI. Pour ne rien arranger, le débat sur l’équipe dirigeante montre que les tensions internes demeurent : Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV et issue de la Chimie, a été écartée du poste de secrétaire général au  profit de Gérard Labrune (des Banques, deuxième fédération). Elle n’a été réélue secrétaire nationale que difficilement et, forme de sanction, Gérard Van Craeynest, n’a obtenu que 66 % des mandats.

La question de l’existence d’une petite organisation spécifique des cadres et isolée des autres catégories demeure posée : la faible taille et l’isolement deviennent de réels obstacles dans une régulation sociale où la représentation est multiple et où il faut par ailleurs aider les militants d’entreprises locales et s’investir dans des comités d’entreprises européen.
 
notes