Les cadres sont en général très satisfaits de leur travail et de son contenu, car ils apprécient leur autonomie, l’intérêt de leurs missions, l’ambiance de travail, leur capacité d’initiatives et de responsabilité (entre 91 et 75 %). Quelques bémols apparaissent déjà sur la sécurité de l’emploi, la charge et le temps de travail (73 à 71 %).
Mais dès que les questions s’orientent vers la reconnaissance de leur travail, leur rémunération, les systèmes d’évaluation, et leurs perspectives de carrière, la satisfaction est plus limitée (67 à 54 %). Et ces derniers points se sont, dans leur esprit, nettement dégradés au cours des dernières années, la dégradation touchant aussi leur participation à la prise de décision et le climat social. Ils pensent pourtant que, pendant ce temps, leurs compétences se sont bien développées et ils sont prêts à en acquérir de nouvelles.
Ces niveaux de satisfaction sont cependant différenciés, les cadres hommes, des entreprises privées, surtout les petites, les mieux rémunérés ont des opinions plus massivement positives globalement que les femmes, les cadres du secteur public et ceux ayant les rémunérations les plus basses. Il n’est pas étonnant dans cette perspective que l’égalité professionnelle soit le dossier prioritaire n° 1 pour les 500 cadres interrogés.
Ces insatisfactions n’empêchent pas un fort investissement au travail, qui déborde peu ou prou sur leur vie personnelle pour 3 cadres sur 5. D’où leur souhait majoritaire de garder leurs jours de RTT plutôt que de les échanger contre de la rémunération.
Comment voient-ils une évolution possible ?
Les cadres comptent d’abord sur eux-mêmes (90 %) et espèrent faire prendre en compte les améliorations qu’ils espèrent directement par leur employeur (88 %), notamment pour la définition de leurs missions et, pour un sur deux, leur évolution de carrière Mais ils font une confiance importante aux syndicats de salariés et de cadres (80 %).
S’ils accordent un rôle limité au gouvernement (53 %) et à la loi (entre 4 et 33 %, ce dernier nombre correspondant à ceux qui privilégient les lois pour établir des règles déontologiques) ils comptent davantage sur la négociation collective (conventions collectives et accords d’entreprise) pour la durée du travail, la formation professionnelle, ces règles déontologiques (45 %), les rémunérations et autant pour les évolutions de carrière (50 à 43 %).
Un portrait qui se partage entre l’individuel, pour ce que l’on pense pouvoir obtenir soi-même, et le collectif, devenu nécessaire pour une part importante de leurs conditions de travail et d’emploi.
Un portrait loin du pessimisme habituel.