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article mis en ligne le 05/12/08
PRUD'HOMMES : ELECTIONS PIEGE A C...
L'abstention, le révélateur
Au-delà des pourcentages de gains et de pertes, c’est le nouveau recul de la participation électorale des salariés et, malgré un progrès, la faible participation des employeurs qui est manifestement le problème principal, existentiel dirait Sartre. Cette abstention est-elle adressée à l’institution prud’homale ou aux organisations syndicales ? La recherche de solutions passe par la réponse à cette question.

En effet, quand le ministre des Relations de travail dit qu’il faut simplifier les procédures, quand des organisations syndicales réclament (à l’Etat !) une meilleure politique de communication, cela signifie qu’ils pensent que c’est un problème technique. Il faut trouver les recettes pour les faire voter !

Les commentateurs, annonciateurs ravis du manque de légitimité des syndicats, ramassent avec gourmandise le flot des abstentions. On vous l’avait bien dit : les salariés ne veulent plus de ces syndicats, dépassés, divisés, bureaucratisés.

Et si l’explication était que les salariés trouvent cette élection inutile, encore plus  depuis la loi d’août dernier qui a lié la représentativité aux élections dans l’entreprise ? Ils veulent des tribunaux prud’homaux, mais ils ne ressentent pas le besoin de perdre autant de temps pour élire des juges qu’ils ne connaissent pas et que la majorité d’entre eux ne connaîtront jamais. La légitimité des prud’hommes est dans le service rendu, non dans les voix recueillies par le juge. Elit-on son assistance sociale ? On élit son maire, pas le secrétaire de mairie.

Ne faut-il pas en finir avec cette élection nationale qui n’existe dans aucun des pays européens qui disposent pourtant de syndicats autrement plus puissants. L’accord national d’avril 2008 définit la représentativité par différents critères, dont celui des voix recueillies aux élections des représentants des salariés dans l’entreprise. C’est là ce qui existe en Belgique, en Italie, en Espagne, là où le pluralisme nécessite de mesurer les rapports de force intersyndicaux.

Si l’on veut mesurer cela, la solution est d’organiser le vote des salariés dans les entreprises le même jour, la même semaine ou même les mêmes quinze jours. Là où on a la preuve que les salariés se déplacent nombreux pour donner leur avis. La consolidation nationale des résultats offrira alors le spectre réel des rapports de force entre syndicats. Elle permettra en conséquence, selon les résultats régionaux, aux organisations syndicales  à désigner au prorata des voix le nombre de conseillers prud’homaux requis.

Les sommes et le temps économisés trouveront rapidement leur utilité ailleurs. Et l’on en finira avec cette gestion contradictoire : faire élire des juges de proximité …qui servent à tenter d’apprécier  l’échelle nationale des forces syndicales de manière générale. Ce qui n’a aucun sens. N’est-ce pas ce qu’on voulu dire, avec bon sens, les 75 % de salariés du privé qui n’ont pas jugé utile de se déplacer pour un vote qui a perdu tout enjeu depuis la loi sur la représentativité d’août dernier.  On nous dira que c’est casser le thermomètre pour éviter d’en lire des chiffres désagréables. Chacun sait qu’un thermomètre se place si l’on veut une mesure du réel « au bon endroit ».

Il faudra naturellement analyser de près ces résultats, par régions, par sections, pour l’effet internet, pour les écarts grandes et petites villes, etc.

 
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