L’idée reçue est que
l’Allemagne nourrie de cogestion, est pauvre en conflits collectifs. Or les chiffres récents indiquent que les mouvements sociaux de l’hiver 2007 et du printemps 2008 dans l’administration et la métallurgie ont abouti à près de 250 000 jours de travail perdus pour fait de grève. En six mois, presque autant que dans l’année 2007, où l’on avait dénombré 286 000 journées de travail perdues. Bien sûr, il faut se garder de conclure à un basculement des salariés allemands dans une culture systématique d’affrontements collectifs. Les chiffres rapportés au nombre de salariés donnent une moyenne de 13 jours de grève pour 1000 travailleurs. L’Italie en comptait 27, la Grande Bretagne 31, l’Espagne 58. Et la France ? 116 jours de grève pour 1000 salariés du secteur marchand.
Au Danemark,> l’idée reçue est que le syndicalisme unitaire règne et explique le taux d’adhésion syndicale élevé de ce pays. Or un changement législatif a aboli l’obligation pour tous les salariés d’une entreprise ayant conclu un accord avec le syndicat LO d’adhérer à ce syndicat. Cette formule du « closed shop » avait été jugée illégale par la Cour de justice européenne.
Des syndicats « jaunes », comme les nomment les Danois parce qu’ils refusent par principe d’user de la grève, ont alors lancé des initiatives de syndicalisation. Ils démarchent les salariés en proposant des tarifs de cotisation plus faibles que celle du syndicat majoritaire LO, du fait notamment de l’absence de caisse de grève.
En réaction, le syndicat des métallos de LO de la région de Copenhague a réussi à conclure un accord qui engage les entreprises à payer les cotisations des salariés à la place du syndicat
La présidente du Medef qui a soutenu l’utilité du benchmarking, c'est-à-dire de la comparaison des pratiques entre pays européens devrait prendre en compte cette information. Sa critique du financement de la négociation dans l’artisanat par une cotisation versée par les entreprises pourrait peut-être évoluer ?