La confédération syndicale internationale a fait paraître son rapport annuel sur les droits syndicaux dans le monde
La liste des pays où l'anti-syndicalisme se développe s'allonge.
Les droits syndicaux sont des droits humains au travail, universellement reconnus.
Les deux Conventions clefs de l'OIT n°87 et 98, qui les définissent et les garantissent, ont été ratifiées respectivement par 148 et 158 Etats membres de l'OIT sur un total de 181 pays dans le monde. Ils sont également codifiés dans différentes Constitutions et législations nationales. Toutefois, comme le démontre le Rapport de la Confédération syndicale mondiale, CSI,, les droits syndicaux font également l'objet de multiples violations. De toute évidence, la ratification est une chose et l'application en est une autre.
Ce rapport présente une vue d'ensemble de la situation en matière de droits syndicaux dans le monde en 2007 et des principales violations qui ont été commises, dont les conséquences se sont avérées fatales dans de nombreux cas. Toutefois, il reflète également des occasions manquées de promouvoir de meilleures relations de travail, d'améliorer des conditions de travail et la productivité, et de mettre sur pied ou de renforcer des institutions démocratiques.
La liste des pires pays en termes de violence antisyndicale et de répression s'allonge au lieu de diminuer. Les cas bien connus depuis longtemps de la Colombie, de la Birmanie, de la Biélorussie, du Soudan, du Swaziland et des Philippines ont été rejoints par le Zimbabwe, la Guinée, le Pakistan, le Népal et le Honduras où de graves violations incessantes se sont intensifiées par rapport aux années antérieures à 2007.
Le record le plus déplorable continue d'être détenu par la Colombie où 39 autres syndicalistes ont été assassinés, en 2007, dans des conditions perdurant dans l'impunité.
Dans un nombre trop élevé de pays dans le monde entier, les syndicats continuent d'être interdits, ou leurs activités sont frappées de sévères restrictions dans certains secteurs. A cet égard, les conditions se sont détériorées dans des pays tels que le Pakistan, le Cambodge, l'Ethiopie, le Guatemala, l'Equateur et le Pérou. En outre, le concept de « services essentiels » est fréquemment utilisé et abusé par les gouvernements pour priver des catégories de travailleurs/euses, dont les droits syndicaux fondamentaux sont reconnus aux termes des conventions internationales, du droit de grève, de négociation collective, voire du droit d'organisation. Tel est le cas dans des pays comme la Serbie, la Turquie, l'Afrique du Sud, le Pakistan, le Ghana et le Kenya.
Le pluralisme syndical et le droit des travailleurs/euses à établir des syndicats de leur choix sont toujours bafoués dans un certain nombre de pays, en particulier en Asie (Chine, Corée du Nord, Laos, Vietnam) ainsi qu'au Moyen-Orient et les Etats du Golfe (Iran, Irak, Syrie, Egypte, Jordanie, Koweït, Yémen).
Les zones franches d'exportation demeurent une zone interdite pour les syndicats dans de nombreux pays. La non-application de la législation du travail, la négation des droits syndicaux et d'autres droits fondamentaux des travailleurs, les licenciements de syndicalistes, les actes de discrimination et d'intimidation demeurent la règle plutôt que l'exception, par exemple au Honduras, au Pakistan, au Bangladesh et au Guatemala.
La tendance dans le monde entier s'est orientée vers un amendement de la législation du travail en vue d'attirer les investissements au lieu d'une amélioration de la protection des droits des travailleurs/euses. Tel a été le cas dans plusieurs pays, notamment en Géorgie, au Salvador, en Malaisie, au Vietnam, au Tchad et au Maroc.
Alors que de nombreux gouvernements et employeurs reconnaissent l'importance du dialogue social, il reste une grande action à mener en vue de le fonder sur les principes de la liberté syndicale aux quatre coins du monde.
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