Inégalités en Europe
Le Rapport sur la situation sociale est le principal outil dont la Commission dispose pour suivre les évolutions sociales dans les États membres de l'Union européenne. Le rapport paru en 2008 et dont les données se réfèrent à l’année 2004 a pour thème principal l'égalité des chances. Le rapport révèle que les revenus se répartissent plus uniformément dans les États membres de l'Union européenne qu'aux Etats-Unis et sans doute dans bien d’autres pays. Ce constat vaut tant pour les différents États membres que pour l'Union européenne dans son ensemble, malgré d'importantes différences entre les États membres en ce qui concerne le PIB par habitant. Les répartitions de revenus les plus égalitaires sont à mettre au crédit des pays nordiques, notamment la Suède et le Danemark. Par contre, le Portugal, la Lettonie et la Lituanie ont des répartitions les plus inégalitaires.
(voir le tableau)
L'égalité des revenus affecte-t-elle les performances économiques?
Si l'on compare les coefficients d'inégalité de revenus des États membres à leur PIB par habitant, on constate que les pays dont le PIB est élevé sont généralement aussi plus égalitaires. Cela ne signifie pas que la réduction des inégalités débouchera automatiquement sur une amélioration des performances économiques. Il serait plus exact de dire que si les individus ont des possibilités plus égales et si leur potentiel productif peut être pleinement exploité, les inégalités diminueront et les performances économiques pourront également être meilleures. La promotion de l'égalité des chances permet de stimuler la croissance en tirant parti de ressources que la discrimination et l'exclusion sociale ne permettait pas jusque-là de mobiliser.
Comment un meilleur accès à des possibilités égales peut-il contribuer à réduire les inégalités?
L'analyse présentée dans le rapport semble indiquer que la promotion de l'égalité des chances dans l'Union européenne pourrait grandement contribuer à accroître tant la cohésion sociale que la croissance économique. Par exemple, les enfants dont les parents ont un bon niveau d'instruction sont quatre fois plus susceptibles d'atteindre eux-mêmes un niveau d'études élevé que les enfants dont les parents sont peu instruits. Il va de soi qu'un niveau d'études élevé va de pair avec la perception d'un revenu confortable et un risque de chômage beaucoup moins important.
Inégalités des chances selon l’origine géographique
Une autre indication de chances faibles mise en évidence est le risque de pauvreté touchant en particulier les enfants issus de l'immigration. Les enfants dont les parents sont nés dans un pays extérieur à l'Union européenne sont deux fois plus susceptibles de grandir dans la précarité que ceux dont les parents sont nés dans le pays de résidence. Ce facteur peut limiter leurs chances dans la vie et empêcher bon nombre d'entre eux d'exploiter pleinement leur potentiel. L'étude PISA de l'OCDE confirme que les enfants issus de l'immigration ont généralement de moins bons résultats scolaires que les autres.
Combien de personnes vivent-elles avec des revenus très faibles?
En 2004, approximativement 100 millions d'Européens (22% de la population totale) disposaient de moins de 60% du revenu médian européen, soit environ 8 000 € par an pour une personne seule ou 22 € par jour. Ces montants sont pondérés en fonction du pouvoir d'achat et de la taille du ménage, de sorte que les montants exacts peuvent varier d'un pays à l'autre. Quelque 23,5 millions de personnes ont dû se débrouiller avec moins de 10 € par jour.
Comme il fallait s'y attendre, la concentration de personnes à bas revenus, par rapport à la médiane de l'UE, est plus importante dans les nouveaux États membres. Toutefois, une grande proportion de la population à bas revenus réside dans les pays de l'EU-15, plus riches, qui comprennent les grands États membres. Près de la moitié (un peu moins de 48%) des personnes dont le revenu est inférieur à 60% de la médiane de l'UE vivent dans l'EU-15, environ 11% d'entre elles en Espagne et en France, 9% en Italie et un peu moins de 7% en Allemagne. Dans le même temps, 29% vivent en Pologne, le plus peuplé des nouveaux États membres.
Peut-on réduire le nombre de personnes à bas revenus au sein de l'UE?
À mesure que les nouveaux États membres rattrapent leur retard en termes de performances économiques, l'augmentation des revenus – tant en termes absolus que par rapport à la moyenne communautaire – devrait entraîner une réduction rapide du nombre de personnes à très bas revenus. La vitesse à laquelle cela se produira révélera dans quelle mesure le processus de convergence économique et sociale est un succès – tant pour les politiques de cohésion menées par l'Union européenne que pour les politiques économiques et sociales nationales. En effet, une diminution rapide du nombre de personnes à bas revenus peut ne pas être automatique si d'importants groupes de la population (par exemple les travailleurs peu qualifiés, les immigrés ou les retraités) ne peuvent pas bénéficier de meilleures rémunérations et si les revenus de transferts n'augmentent pas parallèlement aux salaires.
Quelles sont les conditions de vie réelles des personnes à bas revenus?
Le rapport tente également de déterminer dans quelle mesure il existe un lien entre les bas revenus et l'accès à divers biens et services considérés comme essentiels à une vie de qualité, tels que les biens de consommation durables, les congés annuels et les produits de première nécessité. Les résultats montrent que les personnes dont les revenus sont inférieurs au seuil national de risque de pauvreté ne sont pas les seules à souffrir de privations matérielles.
- Le seuil de risque de pauvreté est fixé à 60 % du revenu équivalent médian national.
- La médiane est la valeur pour laquelle autant de personnes gagnent moins et autant gagnent plus
- On mesure l’inégalité de revenu par le rapport entre la part du revenu total perçu par les 20 % de la population ayant le revenu le plus élevé (quintile supérieur) et la part du revenu total perçu par les 20 % de la population ayant le revenu le plus bas (quintile inférieur).
- On la mesure aussi en usant du
coefficient de Gini qui est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l'
égalité parfaite (tout le monde a le
même revenu) et 1 signifie l'inégalité totale (une personne a tout le revenu, les autres n'ont rien).
http://ec.europa.eu/employment_social/spsi/reports_social_situation_en.htm