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article mis en ligne le 08/05/08
L'EUROPE FACE A LA MONDIALISATION
L'Europe sociale peut se mesurer à la mondialisation ...
Le modèle social européen est plus valable que jamais, mais il lui faut une cure de remise en forme pour relever les défis de la mondialisation. C’est ce qui ressort d’une grande étude que la Commission Européenne a présenté à la mi-avril.

De récentes enquêtes Eurobaromètre (mai 2006) montrent que 47 % des Européens considèrent la mondialisation comme une menace pour l’emploi et les affaires dans leurs pays respectifs (en revanche, 37 % d’entre eux estiment qu’il s’agit d’une bonne chose pour les entreprises). Mais la nouvelle étude, intitulée « Est-ce que l’Europe sociale peut résister à la globalisation ? » affirme que ces craintes sont généralement dénuées de fondement. Quelques-unes des économies les plus prospères d’Europe du Nord affichent des taux d’emploi élevés et un degré d’égalité de revenus bien supérieur à celui que l’on observe dans d’autres parties du monde, en même temps qu’ils conservent des secteurs publics aussi étendus qu’efficaces.

Toujours selon cette étude, il n’existe aucune preuve empirique que la mondialisation soit à l’origine d’une érosion des acquis sociaux. Durant les deux décennies écoulées, la part du produit intérieur brut de l’Union consacrée aux dépenses de sécurité sociale est demeurée remarquablement stable (aux alentours de 27 ou 28 % depuis le début des années quatre-vingt-dix). De la même façon, les données disponibles font apparaître des progrès dans la direction d’objectifs sociaux largement consensuels, dont l’amenuisement des écarts séparant hommes et femmes sur le plan de la rémunération ou de l’accès à l’emploi, encore que ces écarts restent considérables (celui des rémunérations était encore de 15 % en 2005 à l’échelon de l’Union européenne). Voilà qui donne à penser que ce n’est pas l’étendue de la couverture sociale, mais bien la manière dont celle-ci est mise à profit qui influe le plus sur le succès en matière de concurrence.

Cependant, les auteurs de l’étude conviennent de la nécessité de moderniser les politiques sociales et d’investir dans les ressources humaines pour permettre à l’Union d’exploiter au mieux les possibilités offertes par la mondialisation. À cet effet, l’Union et ses États membres doivent prendre une série de mesures pratiques :

-- préparer l’économie à la concurrence en investissant dans les activités de l’avenir et en adaptant les structures existantes pour tenir compte des changements climatiques, du vieillissement et de l’apparition de nouvelles sources de concurrence ;

-- procéder à des ajustements en douceur, dès lors que la mondialisation requerra des changements économiques et sociaux qui entraîneront des coûts et exigeront un redéploiement de ressources ;

-- améliorer la gouvernance socio-économique pour faciliter ces échanges dans le contexte d’une action conjointe de l’Union et de ses États membres.

http://ec.europa.eu/

notes