Clesdusocial avait traité de cette question en 2007 parlant d’une République bananière et en constatant qu’aucune majorité ne parvenait à mettre fin à cette incongruité : des majorations de retraite pour fonctionnaires
habitant dans un DOM-TOM allant de 35% à la Réunion et à Mayotte à 75% pour la Polynésie française, la Nouvelle Calédonie et Wallis et Futuna. Des sénateurs avaient attiré l’attention du gouvernement sur les dérapages que cette disposition entraînait : adresses de complaisance, appartements collectifs, etc.
Cette indemnité temporaire de retraite (sic) a été créée en 1952 et avait sans doute à cette époque une justification. L’adoption d’un projet de loi en Conseil des ministres prévoit une réforme de cette indemnité. Réforme douce, étalée sur dix ans et qui ne devrait concerner que 18% des bénéficiaires actuels.
Mais les dirigeants politiques locaux protestent et parfois toutes étiquettes confondues : enfin de l’unité nationale ! La majorité des syndicats appellent à manifester. Solidaires n’est pas en reste dénonçant « une attaque » du pouvoir. Seule la CFDT qui mériterait, elle le qualificatif de solidaire fait entendre une voix discordante dans ce concert de protestations en « approuvant le principe d’une réforme dès lors qu’elle s’effectuerait sans pénaliser les bénéficiaires actuels ( !) et que ses effets seraient progressifs ».
La réforme est très « dure » ! Jugeons en : pour ceux qui prendront leur retraite entre 2009 et 2018, et sous réserve d’avoir effectué 15 ans de services en outre-mer ou d’avoir un lien moral ou matériel avec le territoire concerné, l’indemnité sera servie à vie, mais ne pourra dépasser pour les plus hauts revenus 8 000 € par an. Ensuite ce plafond sera progressivement abaissé pour disparaître en 2028.
Bien sûr, ces sommes n’ont rien à voir avec celles protégées par le bouclier fiscal. Mais sont-elles pour autant justifiées ?
On attend avec impatience le débat parlementaire.