Les inégalités sociales en matière de santé et de mortalité s'accroissent en France ; elles ont alerté de nombreux experts nationaux et internationaux réunis les 16 et 17 octobre à Marseille lors du congrès national des Observatoires régionaux de la santé (ORS). C'est aussi le cas dans d'autre pays dans le monde. Ce congrès, qui se tient tous les quatre ans, a été l'occasion de faire le point sur les avancées de la recherche, de l'observation et de la prévention des inégalités de santé. Une dépêche d'AFP rend compte des conclusions inquiétantes du congrès. Toutes les études montrent que l'on ne peut se cantonner à la question de l'accès aux soins pour régler ces inégalités. La plupart de ces recherches ont mis en évidence que les inégalités "se produisent en amont de l'entrée dans le système de santé". "C'est au niveau des soins primaires, c'est-à-dire du médecin traitant, que les inégalités sociales se font jour». Ceux qui vivent aux prises avec la réalité sociale ne seront pas surpris d'apprendre que "plus la condition socio-économique est basse, moins la santé est bonne" (...). "Notre pays n'a pas réussi à réduire les inégalités de santé et la France demeure le pays d'Europe de l'Ouest dans lequel les inégalités sont les plus marquées".
Le Monde note de son côté que "la santé des populations s'améliore, mais les inégalités s'accroissent entre pays riches et pays pauvres et à l'intérieur même de la plupart des Etats". "Les écarts de santé se creusent entre classes sociales vis-à-vis des pathologies émergentes (comme l'obésité) ou chroniques tels les handicaps, en matière de santé mentale. Idem pour la prévention et le dépistage des maladies cardio-vasculaires et des cancers". Par ailleurs, "les inégalités de santé semblent se transmettre entre générations", dans des proportions importantes.
Selon Dominique Polton (CNAMTS), le débat sur les politiques publiques permettant le mieux de réduire les inégalités de santé n'est pas tranché. Faut-il plutôt des politiques redistributives, en amont du système de soins, visant à réduire les écarts de revenus ou d'éducation, ou bien privilégier les mesures ciblant la santé, par exemple favoriser l'accès aux soins par le biais de la couverture maladie universelle et agir sur les comportements à risque ?