| Enfin une action syndicale qui ressemble à ce qui se passe dans les autres, pays européens.
Une action sur les salaires qui vise le patronat réel. A force d’entendre certains propos des leaders syndicaux, on finissait par penser que c’est au Président de la République qu’ils demandaient une augmentation des salaires dans le secteur privé. Les confédérations ont corrigé le tir. Enfin !
Une action professionnelle qui vise les 650 000 salariés de la grande distribution. Car à trop globaliser, on sait que ce sont toujours les mieux lotis qui en profitent.
Une action dans le cadre de la négociation annuelle de branche. Là encore, on oublie trop souvent que la négociation salariale passe par une étape, celle de la négociation de branche et qu’un accord conclu à ce niveau s’applique ensuite à toutes les entreprises de la profession.
Une action intersyndicale montée par les trois principales fédérations syndicales du secteur et dont l’entente conditionne toute mobilisation.
Une action qui a des motifs solides : la faiblesse des salaires de la plupart de ces métiers, conséquence notamment de la forte proportion de temps partiels qui représentent près du tiers des emplois ; la gestion des horaires modulables qui fait demander à une caissière de travailler 42 heures une semaine et 30 heures la semaine suivante, ce qui va empêcher le paiement des heures complémentaires ; la mise à l’écart du temps partiel dans la réforme récente des exonérations sociales et fiscales des heures supplémentaires.
Et au-delà de ces revendications matérielles, s’exprime une aspiration à plus de reconnaissance sociale et professionnelle, face à un manque de considération des directions comme des clients. Baptiser les caissières « hôtesses de caisse » ne suffit pas à requalifier leur image de soutiers des temps modernes.
La journée d’action a été suivie de façon inégale, mais on a vu pour la première fois des grands magasins baisser leurs rideaux. La fédération patronale, la FCD, a accepté de ne plus calculer le salaire mensuel minimum avec un forfait pause, donc de rétribuer le temps de pause sur le lieu de travail. Un premier acquis.
Le grand public ne s’y est pas trompé, approuvant arrêts de travail et autres formes d’action collectives. |