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article mis en ligne le 14/01/08
FLEXIBILITE : QU'AURAIT-ON ECRIT FAUTE D'ACCORD ?
Commentaire inversé
Bien des commentaires analysent la conclusion de la négociation sur la flexi-sécurité : commentaires maussades pour les uns sur son caractère limité, critiques pour d’autres, jugeant son contenu déséquilibré, mais appréciations positives pour la plupart, qui espèrent la signature de quatre des cinq confédérations, la CGT ayant par avance dit son désaccord.

Raisonnons à l’envers. Quels seraient les commentaires si ce vendredi 11 janvier s’était conclu sur un échec ?

« Par cet échec, les partenaires sociaux demeurés des adversaires sociaux irréductibles viennent une fois encore, mais sans doute la dernière, de laisser passer une chance, « historique  », de montrer leur sens de l’intérêt général, d’affirmer leur volonté de construire eux-mêmes les règles du marché du travail, d’adapter ces règles au besoin des entreprises …comme des salariés  ».

« L’absence d’accord montre que les organisations patronales et syndicales préfèrent laisser à l’Etat le soin d’organiser le marché du travail. Après avoir abandonné l’essentiel de la protection sociale, autrefois paritaire, aux pouvoirs publics, elles leur offrent aujourd’hui la gestion de l’emploi, gestion couronnée par l’OPA sur l’Unedic. Il ne reste plus que la formation professionnelle à nationaliser par une mise sous la coupe des Conseils régionaux. Ainsi, faute d’apporter les réformes nécessaires aux différentes branches de la régulation sociale, les partenaires sociaux se voient, par abandon de poste, privés de toute responsabilité sociale effective ».

« L’échec de la négociation remet en cause la légitimité de ces acteurs. Une légitimité est certes acquise en droit. Mais faute de pratique sociale, cette légitimité se dissout. On n’est plus légitime quand on ne sert à rien… ».

« L’échec de la négociation annule alors tout débat sur la représentativité des uns et des autres et toute réflexion sur le financement des organisations syndicales. Va-t-on donner plus d’argent à des organisations dont le seul rôle est d’organiser des grèves ?  ».

« Place à l’Etat donc et à ses lois. La France demeure bien une exception en Europe. Seul pays où la négociation a perdu sa capacité de régulation et où l’Etat, par goût et par nécessité, assume des responsabilités qui ailleurs sont partagées ».

Voilà sans doute ce qui aurait été écrit au lendemain d’un échec. Réjouissons-nous de pouvoir lire autre chose

 

notes