L’aggravation des conditions de travail, l’émergence de nouveaux maux du travail touchent tous les pays européens. Mais tous les pays ne sont pas touchés avec la même intensité. Et la situation de la France n’est pas bonne en comparaison de celles des autres.
Le document que nous présentons dans la partie « Analyses » du site est une compilation parfois retravaillée, de différentes études et enquêtes existantes. En mettant bout à bout ces documents, on découvre un panorama européen des conditions de travail et on met en évidence un portrait peu glorieux des entreprises françaises.
On constate tout d’abord qu’un grand nombre des entreprises françaises après avoir abandonné le modèle taylorien ont choisi le modèle de référence Toyota plutôt que le modèle des entreprises nordiques. Or ce choix n’est pas sans conséquence. Le premier modèle étant beaucoup plus négatif pour les conditions de travail que le second. Les tableaux l’illustrent avec force. Et donc de nombreuses entreprises françaises ont une organisation du travail qui fonde une dégradation des conditions de travail.
Par ailleurs, une étude montre qu’en matière de flexibilité, les entreprises européennes se divisent entre celles qui sont fortement flexibles et celles qui le sont peu. Mais les entreprises flexibles se divisent elles-mêmes entre celles qui font appel à une flexibilité tournée vers les besoins des salariés et celles qui sont tournées vers les besoins des entreprises. Le résultat est que la France a certes une proportion élevée d’entreprises flexibles, mais qui en majorité sont tournées vers les besoins de l’entreprise et non vers ceux des salariés.
Enfin, on découvre, avec surprise ( ?), que les salariés français sont ceux qui ont la plus mauvaise image de leur encadrement hiérarchique. Les réponses sont tellement négatives qu’ont les croiraient exprimées par un militant CGT !
Laurence Parisot, présidente du Medef, appelait à l’occasion de la convention européenne de son organisation à Bruxelles, à utiliser la méthode du benchmarking (comparaison, étalonnage) de façon systématique pour comparer la situation de la France et des entreprises françaises à celles des autres. Et bien voila un premier résultat de comparaisons sur le terrain de l’organisation et des conditions de travail.
Nous souhaitons que le Medef lui assure une diffusion et surtout qu’il appelle les entreprises françaises à de salutaires transformations.
Un nouveau mai 68 ne serait-il pas utile ? Non, pour une fois de plus augmenter le Smic. Mais pour obtenir de réels changements dans l’ordre du travail. " Il existe dans les pays anglo- saxons des filières universitaires qui forment les directeurs des relations humaines et l'élite du syndicalisme. On apprend aux étudiants ce que sont les relations au sein de l'entreprise, ce qu'est le travail. En France nous sommes hémiplégiques. Nous formons des financiers Les chefs d'entreprise n'apprennent pas le social" expliquait le chercheur P. Eskenazi dans le n°2262 du Nouvel l’Observateur.
S’il a raison, voila la cause qui justifie l’emploi des fonds secrets de l’UIMM !