On critique souvent les tendances corporatistes des syndicats de salariés et l’on met alors en évidence la résistance de structures syndicales par métiers, par corps, par professions. Les débats et difficultés internes de la Fédération des industries mécaniques indiquent que le monde patronal a aussi ses résistances corporatistes. Cette fédération, membre de l’UIMM, représente 12 000 entreprises et près de 700 000 salariés.
L’article informe d’abord des difficultés financières de la Fédération : déficit prévu pour 2008 de 500 000 euros alors que déjà le budget 2007 avait été en déséquilibre. Parmi les raisons de cette crise financière : les délocalisations hors de France qui font perdre des cotisations et le refus des entreprises achetées en France par des groupes étrangers de cotiser à la FIM.
Pour faire face à cette situation, les dirigeants de la FIM ont tenté de regrouper les 31 syndicats qui composent la fédération, parmi lesquels l’association des fabricants de fixations mécaniques, le syndicat national des fabricants de ressorts, la fédération française du matériel d’incendie, etc.
Le projet était de faire des économies d’échelle et de rationaliser le fonctionnement du groupement fédéral. Mais, les syndicats très attachés à leur autonomie se sont opposés à ce regroupement. L’identité professionnelle des patrons de ces entreprises passe avant toute autre logique …comme les professeurs de lycées, les agents de conduite de la SNCF, etc.
La résistance de l’identité professionnelle est un mélange de lutte de pouvoirs, de conservatisme…et de réalités partagées. Pas facile d’effacer ces raisons d’être ensemble !