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article mis en ligne le 05/07/2009
SMIC :UN ACHARNEMENT DISCUTABLE
La revendication sur le Smic n'est pas la meilleure des solutions
Afin de poursuivre leurs appels à manifestations régulières, les huit organisations syndicales ont établi une liste de revendications. En tête de ces dernières, se trouve la demande répétée d’une hausse du SMIC.

Ont-ils conservé en mémoire le rapport 2008 sur le SMIC débattu au Conseil d’analyse économique et rédigé par plusieurs auteurs dont Gilbert Cette ?« Le salaire minimum, tel qu’il existe en France, n’est pas un moyen efficace pour réduire la pauvreté et les inégalités. La pauvreté est principalement due au manque d’emploi, au trop faible nombre d’heures travaillées et à la situation familiale ».

Les auteurs de ce rapport proposent un examen des situations qui prévalent dans d’autres pays où le salaire minimum est moins contraignant, voire inexistant. Selon eux, « le système français de redistribution des revenus s’appuie sur un salaire minimum relativement élevé complété par une multiplicité de prestations sociales dont la complexité et le profilage selon le revenu d’activité aboutissent à une absence de lisibilité et à de très faibles incitations à la reprise d’emploi pour les personnes les moins qualifiées ». Ils ajoutent que les jeunes se trouvent particulièrement défavorisés par ce système.

L’instauration du RSA n’est qu’une réponse partielle. Au regard de la plupart des autres pays, la proportion de smicards est en France particulièrement élevée. La revendication des syndicats aurait d’abord pour effet d’élever leur nombre et on doute que ce soit leur objectif.

Les Suédois préfèrent parler d’un « salaire de démarrage », c'est-à-dire le salaire qui est payé quand on commence à travailler. Là est la stratégie à choisir : un SMIC « élevé » où l’on reste longtemps, un SMIC moins élevé qu’on quitte par application des accords professionnels. Mais la politique d’un SMIC élevé a aussi un autre effet : perturber profondément la négociation salariale de branche. Car la valeur du SMIC rattrape les premiers coefficients des grilles, qui n’en sont pas pour autant relevés. La négociation demeure toujours en retard.

Le rapport Cotis sur les fruits de la croissance montre que ce sont les salaires moyens qui ont été freinés et non les salaires les plus hauts… ni les salaires au SMIC. La demande à l’État de la hausse du SMIC traduit chez les syndicalistes une vision d’assistance et de renonciation à créer du rapport de force en vue de négocier ce qui relève de la fonction syndicale : le salaire dans les branches et dans les entreprises.
 
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