L’importance prise par l’intérim et les CDD ont rendu le marché du travail plus rapidement réactif en période de récession : quand l’emploi se rétracte, l’ajustement se fait aujourd’hui plus rapide. Dans les trois derniers mois, le nombre des demandeurs a augmenté en moyenne de 40 000 par mois et dépasse les deux millions. Chacun sait que derrière ces chiffres se cachent des réalités sociales souvent dramatiques. Et nous ne sommes, probablement, qu’au début d’une forte dégradation.
En effet, pour situer ce chiffre de 40 000, il suffit de rappeler qu’entre novembre 83 et janvier 85, la progression était en moyenne de 28 000 par mois et le taux de chômage passa alors de 6,5% à 10,2 % de la population active. Il ne fut dépassé qu’avec la poussée de 1993 (+ 26 000 par mois) où il atteignit 11,4. Les 7-8 % de 2007-2008 risquent bien d’être vite derrière nous, lorsque l’amortissement que représente le chômage partiel aura épuisé ses effets et que les plans sociaux annoncés deviendront effectifs, avec leurs répercussions en chaîne sur les sous-traitants.
Il faudra du temps pour que les plans de refinancement des banques et de relance économique conjuguent leurs effets et redonnent un peu de couleurs à l’emploi. En attendant, doit-on rappeler que si relance de la consommation il y a, elle devrait en priorité concerner ceux et celles qui perdent leur emploi, et qui ont peu d’espoir d’en retrouver rapidement un : toutes les catégories sont touchées, mais d’abord les jeunes (350 000 dont peu sont indemnisés) et les chômeurs de longue durée (le chiffre de 500 000 inscrits depuis plus d’un an va fortement progresser). Les mesures de traitement social du chômage sont relancées: mieux vaut une activité aidée qui maintient dans les réseaux de relations que l’isolement. Mais une priorité devrait être donnée dans la lancée de l’action Formation professionnelle aux formations de reconversion et de requalification, si possible en alternance, afin que le temps de chômage soit utilisé à une amélioration des qualifications. Les fonds existants pourront être mobilisés ; et si l’argent manque, on le trouvera dans une solidarité imposée aux revenus les plus confortables qui, dans la présente situation internationale, sont peut-être moins tentés que par le passé d’aller spéculer dans le vaste monde.