Aérospace Valley: un document fort documenté, fruit d’une coopération entre l’Insee Midi-Pyrénées et Insee Aquitaine fait le point sur le développement du secteur de l’aéronautique et de l’espace, secteur clé pour ces deux régions. Dossier qui donne les caractéristiques des entreprises, sous traitantes comme donneuses d’ordre, etc. On y dénombre les 860 établissements de Midi-Pyrénées qui sont liés à cette industrie et qui ont un chiffre d’affaires global de 5,4 milliards d’euros.
On y découvre les projets de l’association Aérospace Valley qui regroupe entreprises, collectivités, centres de recherches pour faire de ce complexe un leader mondial dans sa partie. Les projets de l’Aérospace Valley sont nombreux et touchent à divers domaines industriels : légèreté des avions, consommation des moteurs, environnement, sécurité, etc.
Mais y a-t-il des humains dans ce complexe ? Oui, 54 300 salariés sont comptés, mais nuance de taille hors intérim. Pourtant on aurait été heureux de connaître la proportion des travailleurs intérimaires dans ce secteur. Comme on regrette de ne pas savoir le taux d’accidents de travail, les salaires moyens, la participation à la formation continue, le taux de féminisation des emplois, etc. Manifestement comme d’autres projets, le social n’est pas intégré dans la démarche de développement de l’Aérospace Valley. Sauf la formation… sans doute liée aux difficultés de recrutement avouées par les managers. Evidemment aucun mot non plus sur les représentants des salariés, le syndicalisme et son audience, la qualité et les résultats du dialogue social. Bref, une vision techniciste, faisant l’impasse de toute connaissance du social.
Ce silence est assourdissant en 2009. D’autant que toutes les sources existent : il suffisait d’agréger les données des bilans sociaux et celles des élections des comités d’entreprises.
L’Aérospace Valley est donc une sorte d’ambition tronquée, amputée de toute ambition sociale. Nous voulons être leader mondial dans la fabrication des satellites, des gros porteurs, des porteurs moyens, etc. Mais nous ne voulons surtout pas être leader en même temps dans la qualité de nos emplois, dans notre politique de prévention des accidents de travail, dans la promotion des femmes, etc. Comme si l’on pouvait atteindre le premier objectif sans avancer parallèlement sur les autres.