Retours sur les G20 :
Le G20 a été instauré en 1999, après la succession des crises financières dans les pays émergents : à l’origine il réunissait les Ministres des Finances et les Gouverneurs des Banques Centrales des zones clés de la planète.
Depuis la crise actuelle (démarrée en 2007) et le sommet du 15 novembre 2008 à Washington puis celui du 2 avril 2009 à Londres, il réunit les chefs d’Etat et de gouvernement (1). Le G20 représente 85% de la richesse mondiale et les 2/3 de la population mondiale.
Ce format est nettement plus représentatif –bien que l’Afrique y soit peu représentée- que les G7 ou G8. Il correspond mieux au traitement des problèmes –financiers ou écologiques- lesquels ont d’emblée un caractère mondial.
Peut-être cela peut-il préfigurer la réforme nécessaire des institutions internationales nées de la seconde guerre mondiale ( ?)
Les G20 précédents ont été l’expression de la volonté politique affirmée avec cette crise d’une indispensable coopération au niveau mondial : celui de novembre 2008 –bien que se situant dans une période de transition pour l’administration américaine- en a été l’expression ; quant au sommet de Londres il a surtout consacré l’accroissement et la diversité des moyens d’intervention du FMI. Il reste maintenant à en modifier sa gouvernance afin de l’adapter au poids actuel des différents pays.
>Le Sommet de PITTSBURGH s’avère délicat pour plusieurs raisons :
Des signes (légers) de reprise font croire à certains acteurs et commentateurs que la crise est derrière nous. Il n’en est rien : cette erreur de diagnostic peut s’avérer fatale pour le moyen et long terme
Les lobbys professionnels s’agitent beaucoup pour contrer toute réglementation (ce n’est pourtant pas ainsi que se pose aujourd’hui le problème) et certaines nations ne sont guère allantes pour prendre des mesures significatives (à l’exemple des USA et du Royaume Uni sur les abus liés aux bonus).
Le sommet de PITTSBURGH est pourtant contraint d’aboutir à des résultats dans plusieurs domaines :
- les paradis fiscaux (2) : des progrès ont été accomplis dans ce domaine mais : l’Europe ne doit pas seulement donner des leçons de moralité aux autres pays elle doit aussi « balayer devant sa porte » car dans sa sphère géographique il existe aussi des paradis fiscaux. Par ailleurs, les listes dressées par l’OCDE devraient être plus solides et non pas aléatoires comme elles ont pu apparaître au lendemain du sommet de Londres
- les normes : qu’elles soient comptables ou / et prudentielles (pour les banques et les assurances) doivent être revues, complétées, renforcées, adaptées afin de ne pas permettre à des acteurs de tirer parti indûment de biais réglementaires. Parallèlement, ces normes ne doivent pas conduire à des « comportements pro-cycliques » amplifiant les dérèglements économiques. De ce point de vue, les organismes qui sont chargés de les conceptualiser et de les contrôler (en particulier au niveau comptable) sont d’une grande importance
- les bonus :cette question apparaît quelque surréaliste dans une société où les inégalités sont réelles mais aussi parce que d’une certaine manière ils sont l’expression d’une activité financière consacrée principalement aux arbitrages spéculatifs de court terme.
Les débats en cours portent sur le plafonnement, l’étalement, la diversité des modalités d’attribution et plus rarement sur la fiscalité applicable.
En France un Monsieur « Tsar des rémunérations » - Michel CAMDESSUS- a même été désigné pour intervenir si besoin sur les 100 rémunérations individuelles des professionnels de marché les plus élevés dans chacun des groupes bancaires suivants : BNPARIBAS – Société Générale – Crédit Agricole – BPCE (Banques Populaires – Caisses d’Epargne) – Crédit Mutuel et DEXIA (3).
Ce débat est, comme les précédents, révélateur d’une excessive financiarisation de l’économie.
L’opinion est sensibilisée sur le sujet. Elle est d’ailleurs continuellement prise à témoin mais des réformes véritables verront-elles le jour sur ce sujet ( ?) Il est permis d’en douter lorsque sont régulièrement mis en avant des prétextes aussi divers que : les risques supposés de « voir partir les meilleurs talents » (tel ne semble pourtant pas être le cas dans un pays comme les Pays Bas pourtant très ouvert sur le reste de monde), le fait que les joueurs vedettes du foot auraient des rémunérations aussi élevées voir plus que les traders ou bien encore l’utilisation du seul canal des « codes de conduite » élaborés par les professionnels plutôt que toute autre forme d’encadrement pour aboutir à de meilleures pratiques ! .
Bien d’autres sujets méritent d’être indiqués :
- l’organisation et l’efficacité de la régulation que celle-ci passe par le FMI, le Conseil de stabilité financière, les Banques Centrales ou les divers organismes de régulation
- la limitation de toutes les opérations et produits « hors sol » (produits dévirés – marchés de gré à gré – opérations hors bilan- ..) : ces zones de « non droit financier » (comme l’étaient les subprimes aux USA) sont en effet sources d’amplification des risques
En fait, sans s’imaginer que le G20 soit l’occasion de refondre le capitalisme, il faut pourtant de façon urgente modifier un certain nombre de situations dans la régulation financière : c’est tout l’enjeu du Sommet du G20 à PIITSBURGH des 24 et 25 septembre.
(1) Siègent au G20 les huit pays les plus puissants du monde : Allemagne – Canada – USA – France – Italie- Japon – Royaume –Uni – Russie ainsi que 10 pays émergents : Afrique du Sud – Arabie Saoudite – Australie – Brésil – Chine – Corée du Sud – Inde – Indonésie – Mexique – Turquie ainsi que « es qualité » : le Secrétaire Général de l’ONU ; le Directeur Général du FMI- le Directeur Général de l’OMC- le Président du Conseil de Stabilité Financière – le Président de la Commission Européenne – le Président en exercice de l’UE et au Sommet de Piitsburgh sera également présent pour la première fois le Directeur Général d l’OIT.
(2) Voir sur ce sujet le rapport de l’Assemblée Nationale de Didier MIGAUD et Gilles CARREZ (du 10 septembre 2009)
(3) Conférence de Christine LAGARDE du 11 septembre