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article mis en ligne le 12/03/2009
Contrat de professionalisation
Ne pas tuer cette formule

Selon les informations parues dans la presse, Martin Hirsch, Laurent Wauquiez, Yazid Sabeg s’efforcent de trouver des mesures pour lutter contre le chômage des moins de 25 ans.

Aie ! Les souvenirs du CIP de 1994, du CPE de 2005 doivent rendre prudents ministre et commissaires du Gouvernement. Donc plutôt que d’imaginer une nouvelle formule, les trois mousquetaires du Cardinal Fillon regardent avec intérêt du côté des contrats de professionnalisation. Ces contrats de formation en alternance ont été créés par les partenaires sociaux et sont gérés par les différents structures paritaires de la formation professionnelle, dont les fameux OPCA que pouvoirs publics ne cessent de critiquer et de vouloir bousculer.

De 140 000 en 2006, on en dénombrait 150 000 en 2008, chiffre appréciable si on le rapporte aux 150 000 des jeunes sortis chaque année du système éducatif sans formation. Ce qui ne signifie pas pour autant que se soient les mêmes publics.

Les ministres voudraient que l’usage de ce contrat se multiplie et imaginent alors diverses solutions : rôle de Pôle Emploi, augmentation des aides publiques, notamment. Pour une fois que les pouvoirs publics n’inventent pas une nouvelle formule qui mettrait 18 mois à être prise en compte par le terrain, on ne le regrettera pas. Pour une fois que des responsables de ce gouvernement non seulement ne critiquent pas, mais veulent s’appuyer sur une formule paritaire, on ne va pas les contrarier. L’utilisation de Pôle Emploi, la hausse des aides publiques peuvent effectivement développer le recours au contrat de professionnalisation.

Par contre le commissaire Yazid Sabeg se trompe quand il propose que tout jeune qui rentre dans une entreprise via l’alternance soit embauché définitivement en CDI. La formation en alternance n’est pas une forme d’embauche classique. Elle est d’abord une forme de qualification. Si toute entreprise qui forme un jeune en alternance est dans l’obligation de l’embaucher à la fin de son contrat d’alternance, le risque est que les entreprises n’utilisent pas cette formule, si elles n’ont pas de projet d’embauche en vue. Le contrat de professionnalisation se transforme alors en une variété de contrat de travail et échappe ainsi à sa fonction. En voulant bien faire, Sabeg risque de gripper la machine. Il vaut mieux faire confiance à l’entreprise : si elle est en état d’embaucher celui qu’elle a formé, elle le fera pour rentabiliser son investissement propre.

Autre  classique du management macro social français. Une formule contractuelle existe. L’Etat veut qu’elle se développe et est prêt à y mettre au pot. Mais, il cherche tout seul de son côté comment y parvenir. Comme si une conférence réunissant Etat, partenaires sociaux, régions, ne pouvait pas à l’issue de plusieurs sessions trouver des conclusions communes!

Reste la question : les entreprises peuvent-elles faire davantage et si oui, pourquoi ne le font elles pas ? Pourquoi faut-il soit des obligations, quotas, ou sanctions soit des carottes pour convaincre les chefs d’entreprise d’ouvrir services et ateliers à des jeunes pour les former, pour qu’ils ne restent pas dans la rue à se désespérer ou à désespérer les autres ? Manque de conscience sociale et civique des employeurs? Manque de temps ? Manque de savoir faire ? Manque de communication de la part des organisations patronales et syndicales ? Tant que cet acteur de la société demeure passif, l’agitation du microcosme n’a pas grand chance de parvenir à ses fins.

Rappel :
Le contrat de professionnalisation s’adresse à tous les jeunes âgés de 16 à 25 ans révolus et aux demandeurs d’emploi âgés de 26 ans et plus. Son objectif est de leur permettre d’acquérir une qualification professionnelle et de favoriser leur insertion ou réinsertion professionnelle. Les bénéficiaires âgés de 16 à 25 ans révolus sont rémunérés en pourcentage du Smic selon leur âge et leur niveau de formation, les salariés âgés de 26 ans et plus perçoivent une rémunération qui ne peut être ni inférieure au SMIC ni à 85 % du salaire minimum conventionnel. Ce contrat ouvre droit pour l’employeur, pour certaines embauches et dans certaines limites, à une exonération de cotisations patronales de sécurité sociale.

notes