Chaque année, une étude du Forum économique mondial assure le suivi des écarts entre hommes et femmes au niveau mondial (Global Gender Gap), reprise au niveau des dirigeantes par l’Institut français des administrateurs, un réseau européen des femmes en responsabilité (European professional women’s network) et l’Observatoire de la responsabilité sociale des entreprises
http://www.weforum.org/pdf/Global_Competitiveness_Reports/Reports/gender_gap.pdf
Les domaines examinés sont l’éducation, la santé, la participation et l’égalité des chances économiques, ainsi que la place des femmes dans les responsabilités politiques.
Si cette étude montre que les écarts diminuent en moyenne dans le monde, c’est loin d’être partout. Et de plus, l’étude mesure non le niveau atteint par les 134 pays de l’étude dans chaque domaine, mais l’écart hommes/femmes. Un exemple, si le niveau d’éducation de tel pays est bas mais que cette faiblesse est égale entre hommes et femmes, ce pays n’est pas considéré comme inégalitaire.
Si les pays scandinaves sont en tête du classement, il n’en est pas de même pour la France, située au 18ème rang. En effet, si la France est première ex-aequo pour l’éducation et la santé, elle n’est que 16ème pour la place des femmes en politique et, surtout, elle est très mal classée sur l’égalité des chances dans la vie économique : 62ème !
Cinq critères sont étudiés dans ce domaine, et la France n’est bien positionnée dans aucun.
On le retrouve même dans le taux d’emploi des femmes où elle est 34ème, mais surtout dans les écarts salariaux pour lesquels la France reste quasi championne de l’inégalité (46ème pour la comparaison salariale moyenne, 123ème pour l’égalité salariale à même emploi).
Rentrent aussi dans cette comparaison de la place dans la vie économique l’écart dans les types et niveaux d’emploi que peuvent atteindre les femmes : au niveau des professions à responsabilités techniques, la France est 70ème, et 25ème pour les responsables économiques ou politiques.
La deuxième étude citée peut ainsi facilement insister sur la persistance du « plafond de verre », notamment par la très faible place des femmes françaises dans les conseils d’administration des entreprises cotées : 9 % de femmes, alors qu’on en trouve 41 % en Norvège grâce à un quota législatif de 40 % minimum, 27 % en Suède, 20 % en Finlande. Ajoutons que sur ce petit nombre de femmes dans les conseils d’administration, 28 % sont des représentantes des salariés. L’étude ne donne pas la place qu’occupent les femmes à la tête des comités d’entreprise …
En effet la mixité n’est pas non plus achevée au niveau des salariés mais certaines de leurs organisations syndicales ont pris des mesures, politiques volontaristes ou quota. Ceux qui l’ont fait savent que ce ne peut être qu’une démarche de long terme, à renouveler à chaque changement de génération de responsables, pour éviter que tout retombe comme avant.
Des initiatives existent dans certains pays, l’exemple norvégien de quota dans les CA est peu à peu suivi par d’autres, également par des recommandations des institutions européennes ou internationales, et même de quelques fonds d’investissement. On y pense en France : Jean-François Copé veut déposer un projet de loi instaurant un quota de 40 % …en 2015, Laurence Parisot dit y être favorable pour le CAC 40. Espérons que cela ne restera pas velléité !
L’argument de tous : différentes études ont pu établir un lien entre mixité et performance, compétitivité, et développement. Alors, pourquoi s’en priver, si en plus l’économique rejoint le social et l’égalité !