En France, qui se dit pays des droits de l'homme, de l'égalité et de la fraternité, les discriminations dans le travail et l'emploi sont fortes.
On trouve dans cette situation un exemple de plus d'une sorte de schizophrénie qui amène une majorité de Français à se croire un modèle positif alors que leur pays est souvent un mauvais élève.
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Un quart des salariés français dit avoir été victime d'une discrimination (22 % dans le public et 28 % dans le privé).
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Un autre quart des salariés craint d'en être victime.
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Plus d'un tiers (37 à 38 %) des salariés a été témoin d'une discrimination.
Tels sont les chiffres que viennent de diffuser les auteurs de cette enquête. Et dans le secteur privé la comparaison avec les chiffres 2008 montre une élévation importante en un an.
Ces discriminations se développent dans le travail quotidien, mais touchent également, par ordre dégressif, les évolutions de carrière, les augmentations de salaires et les mutations, l'accès à une formation, les embauches, ou en cas de licenciement, disent les victimes.
Pour ceux qui en sont victimes et leurs témoins, les motifs de discrimination sont d'abord l'âge et l'origine ethnique ; l'apparence physique, les convictions politiques et syndicales, puis le sexe viennent ensuite, devant la religion, le handicap et l'orientation sexuelle. Il y a une différence avec les discriminations dont les salariés craignent le développement, où ils mettent en tête la discrimination des gens du voyage, du handicap, des plus de 45 ans et des syndiqués, mais sans doute beaucoup de ceux-ci sont rejetés avant l'embauche.
Les auteurs de ces discriminations sont d'abord la direction et les supérieurs hiérarchiques (près de la moitié des cas chacun), mais aussi les collègues dans 25 à 30 % des cas, et les fournisseurs, clients et usagers dans le secteur public surtout.
Si les victimes répondent qu'elles ont commencé par en parler à leur direction ou leur hiérarchie et si 1/3 des victimes dans le privé n'en a rien dit, nombreux sont ceux - et en nette progression dans le secteur privé -qui en ont parlé à leurs représentants du personnel ou aux syndicats présents dans l'entreprise. Et à la question « que faut-il faire en priorité », victimes comme témoins répondent en majorité qu'il faut en parler à leurs représentants ou à leurs syndicats, devant le fait d'en parler à la direction ou à la DRH.
Il y a bien donc là une forte attente envers les élus du personnel et les syndicats dont les salariés pensent à une forte majorité qu'ils seront efficaces (78 % dans le public, 67 % dans le privé). Les réponses indiquent aussi les types d'action utiles : faire ressortir les actions menées pour l'égalité dans le bilan social, mettre en place des dispositifs d'alerte interne, inciter les entreprises et administrations à évaluer annuellement leurs actions arrivent, dans les réponses, avant les CV anonymes, les labels diversité ou les quotas de recrutement.
Comme souvent il reste le passage à l'acte : un traitement dans l'entreprise ou administration, par une action dialoguée et des négociations entre les partenaires de l'entreprise.
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