Retour à l'accueil envoyer un courriel a clés du social Qui est clés du social ? Rechercher un article sur le site Vous abonner à la newsletter Les sites utiles :
sélection de clés du social
Soutenir les clés du social :
comment faire ?
Les derniers articles en un clic :
abonnez vous au flux rss du site !
Le site " clés du social" propose sur le champ du social des informations et des réactions sur l'actualité, une documentation sur la France et l'Europe, des argumentaires et des synthèses
../Mois social 2009/Négociations & Conflits/..
 
 
 
article mis en ligne le 05/02/2009
A propos du 29 janvier
Comment expliquer que le syndicalisme le plus divisé et qui a le moins de syndiqués réussisse une telle protestation sociale ?
La réussite de la journée d’action du 29 janvier répond à la question de son utilité. C’est bien le rôle des syndicats que de permettre l’expression des salariés. Sans cette occasion, cette expression serait restée dans l’inavoué et dans un registre individuel. Journée utile donc pour que les salariés expriment leur inquiétude, leurs doutes, leur contestation et pour qu’ils se sentent plus forts parce que moins seuls.

Le PS et autres mouvements politiques se sont glissés dans cette journée, transformant- en partie - ce qui était un moment syndical, caractère voulu par les organisateurs, en une expression politique. Dommage ! Les partis d’opposition après tout peuvent manifester autant qu’ils le souhaitent… sans coller aux basques des syndicats.

Une question vient à l’esprit quand on adopte un angle de vue européen. Comment expliquer que le syndicalisme le plus divisé et le plus faible en adhérents soit capable de réussir une telle journée d’action ? Certes, en Grèce, en Italie, en Espagne des journées d’action ont été organisées par les syndicats. Mais l’ampleur de la réaction française au regard de la faiblesse de son syndicalisme étonne. Trois éléments ont pesé et pèsent encore dans la détermination sociale française, en mettant de côté ce qui est commun à tous les pays d’Europe : licenciements collectifs, restructurations, etc.

  • La personnalité du chef de l’Etat, qui irrite par ses attitudes et qui, par son activisme, fait converger sur lui toutes les réactions sociales.
  • La pédagogie lamentable d’un gouvernement qui agit sans expliquer pourquoi. Cette lacune absolue fait rêver d’envoyer ces ministres dans un IUFM si ces derniers servaient d’école pédagogique.
  • Le refus de payer seuls la crise, l’exigence de la plus grande solidarité et de la plus forte égalité dans le traitement de la crise. Le bouclier fiscal revient comme un boomerang pour faire douter les Français d’un traitement égalitaire.

Tous les pays européens affrontent aujourd’hui la même crise et les mêmes conséquences. La différence se fera sur le « comment on explique », « on convainc », « on associe les forces intermédiaires aux solutions » et donc « comment les uns et les autres sont capables de passer des compromis ». La France se distingue de la plupart des pays européens par une relation dirigeants/dirigés plus faible. La contestation des dirigés contre les dirigeants n’en est que plus aisée à se développer.

notes