Premier principe : adopter le principe de contributivité : les droits à pension doivent être attribués en proportion de l’effort de contribution aux retraites futures : « à contributions égales, droits égaux », qu’il s’agisse du secteur privé ou du secteur public.
Deuxième principe : ne pas faire payer les retraites d’aujourd’hui par les actifs de demain : il faut donc garantir le pacte générationnel en veillant à l’équilibre des recettes/dépenses du système de répartition, tout en stabilisant la ponction effectuée sur les revenus d’activité. Le refus d’imposer aux actifs des prélèvements excessifs a pour contrepartie de choisir entre une pension mensuelle confortable et une cessation activité précoce.
Troisième principe : la liberté de choix du moment de la retraite par les assurés : elle a pour contrepartie de ne pas faire payer par autrui le coût de chaque choix individuel ; autrement dit il faut une « neutralité actuarielle », c'est-à-dire un coût global équivalent entre les contributions actualisées de l’individu et celui des prestations de pension sur sa durée de vie moyenne restante.
Quatrième principe : fusionner tous les régimes de retraites par répartition au sein d’un régime national unique fonctionnant par points : les droits acquis sont convertis en points du nouveau système en appliquant la règle « à contribution égale, nombre de points égal ».
Cinquième principe : faire une réforme de type « big bang », faisant basculer à une date commune tous les travailleurs actifs de leur ancien régime au nouveau, la gestion étant assurée par une des institutions d’appartenance antérieure.
Sixième principe : une garantie minimale de pension de même inspiration que le RSA : les personnes qui n’ont pas gagné des droits contributifs à pension pour vivre décemment durant leur vieillesse percevront un complément de ressources.
Si ces principes sont séduisants, il en manque un septième : car, en l’état des propositions, on ne voit guère comment les inégalités socioprofessionnelles, celles liées aux aléas de la formation, de la vie active et familiale seront, sinon rectifiées, du moins en partie compensées. Pourtant, cet aspect est essentiel, si l’on veut éviter la coalition des refus individuels ou collectifs, tant des actifs que des retraités, devant les craintes de voir les situations individuelles espérées remises en cause.
La deuxième question est de savoir comment les présenter pédagogiquement pour qu’ils soient acceptés par l’opinion, puis mis concrètement en œuvre.. On ne peut en effet faire l’impasse sur cet aspect des psychologies collectives.
Comme disait jadis Rocard, le sujet conserve toute sa puissance explosive pour les responsables politiques, patronaux et syndicaux.