Fin avril 2009, un sondage OBEA-Infraforces auprès d’un échantillon représentatif des Français nous renvoie un regard pour le moins nuancé des syndicats en temps de crise. Si l’image des syndicats est globalement positive pour 60 % d’entre eux, seule une petite minorité (9%) la qualifie de « très bonne », chiffre à mettre en relation avec les 8 % de salariés syndiqués. 14 %, au surplus, manifestent une franche hostilité. Au total, près de deux Français sur trois estiment que les syndicats sont en perte de vitesse. Trois raisons – qui ont été testées – révèlent une opinion très partagées sur leur rôle et leur efficacité : Une majorité (54%) estime qu’ils ne font pas le poids par rapport au gouvernement (40% pensent le contraire) ; une mince majorité (49 %) pense qu’ils sont capables d’instaurer un dialogue avec les chefs d’entreprises (44% pensent le contraire) ; ils sont 47 % (contre 39 %) à estimer que les syndicats défendent mieux les salariés du public que ceux du privé. A noter que l’opinion traditionnelle qui lie le syndicalisme à la gauche a évolué : si 35 % des Français estiment que les syndicats de salariés sont forcément de gauche, près de 60 % s’opposent à cette idée (dont la moitié de manière très nette).
Ces réponses révèlent une meilleure connaissance des syndicats qu’on aurait pu le penser.
La mesure de la combativité des organisations syndicales, reflet de leurs zones d’influence dans l’opinion ainsi que du prisme médiatique, donne une nette avance à la CGT (53 %) sur les deux autres grandes centrales FO (34 %) et CFDT (28,5%). Toutes les autres organisations sont considérées comme « plus actives » à des niveaux qui se situent entre 14 % et 7%. Le plus notable est que 30 % des Français, soit estiment qu’aucun syndicat n’est actif (9%) soit ne savent pas (21 %)…
Pour autant, la même opinion publique voudrait bien pouvoir s’abriter derrière un bouclier syndical en période de crise : 80 % leur attribuent un rôle majeur, 72 % estiment qu’ils sont encore plus nécessaires, 77 % pensent qu’ils se battent pour sauvegarder des emplois et 60 % qu’ils font avancer les choses dans les entreprises. Comme quoi, on peut à la fois critiquer le syndicalisme et le désirer…
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