L’INSEE actualise les données sur les déplacements quotidiens entre domicile et lieu de travail, en menant une comparaison entre 1994 et 2008.
Le temps de déplacement quotidien domicile – travail est en moyenne de 50 minutes dans les grandes agglomérations (+10 %) et de 36 minutes ailleurs (+13 %). Mais la situation est opposée si le trajet est fait en voiture : la durée du trajet est plus longue en zone rurale (60 minutes, + 3 minutes) qu’en grande agglomération (47 minutes, mais + 6 minutes quand même).
En 14 ans, la distance entre domicile et travail ou autres activités s’est accrue de 8 %. L’augmentation est due tant à l’extension des banlieues, allant jusqu’à un rurbain ( ? curieux) éloigné, qu’à la fermeture de nombreux établissements ruraux.
Et si la durée a augmenté moins que la distance, cela n’est pas dû qu’à une augmentation de la vitesse des moyens de transport utilisés mais aussi au fait qu’on se déplace moins. Le fractionnement des journées de travail a diminué, passant de 36 à 30 % dans les grandes agglomérations et de 46 à 37 % ailleurs : rentrer chez soi à midi se fait de moins en moins, on passe toute sa journée de travail loin de son domicile. Ajoutons que 9 % des actifs en moyenne ne font pas ce déplacement un des cinq jours de la semaine pour diverses raisons, dont le travail à domicile, les congés, la maladie…).
Au travers de ces moyennes, de grandes disparités existent : entre grandes villes et campagne, comme le montrent ces chiffres, entre grandes banlieues et centres villes, mais aussi en fonction des modes de transports existants selon que les transports collectifs existent ou non, la voiture est un choix ou une nécessité, notamment dans beaucoup de zones rurales et de grandes banlieues.
En 14 ans, il y a donc eu un alourdissent des conditions entourant le travail, en temps et en coût, malgré les décisions individuelles pour essayer d’en diminuer l’impact (moins de déplacements). Ces trajets ont été laissés par les entreprises à l’organisation individuelle de leurs salariés, avec ce que cela représente en temps, en coût et en consommation énergétique. Malgré quelques progrès, les transports collectifs, - de la responsabilité des différents niveaux de pouvoirs publics -, sont encore insuffisants dans bien des endroits. Peut-on espérer que le souci de développement durable et l’appel à la responsabilité sociale des entreprises permettent de faire évoluer ces réalités ? L’intégration - en tout ou en partie - des frais de transports dans le salaire est sans aucun doute une incitation collective aux changements de pratiques.
La Picardie, très touchée par de nombreux licenciements, a créé un dispositif associant Région, entreprises et partenaires sociaux. Les entreprises pourront bénéficier d’aides si elles s’engagent à conserver leurs salariés durant deux ans sur leurs sites et rendre compte des actions de formation réalisées, avec notamment l’aide des OPCA.
La Bourgogne a assoupli ses conditions d’attributions des aides aux entreprises. Des Conseils généraux décident de mesures de soutien aux entreprises de leur département.
La Région Midi-Pyrénées vient de créer un fonds de formation des salariés en chômage partiel, « Qualification plus », avec l’appui des partenaires sociaux. Il est financé à 2 millions d’euros par la Région et abondé par les OPCA. Il permettra aux salariés en chômage partiel de bénéficier de formations qualifiantes.
Ces initiatives bien sûr ne contrecarrent pas immédiatement la terrible progression du chômage. Mais elles illustrent des évolutions.
- La première est que le niveau territorial devient un niveau d’action sur l’emploi et la formation.
- Cette intervention réunit Etat, instances élues, et partenaires sociaux. Cette coopération nouvelle fonde peut-être un processus qui durera sur le moyen ou long terme.
- Etat, élus politiques acceptent une coopération entre eux et aussi avec les partenaires sociaux. Cette implication territoriale des partenaires sociaux est d’autant plus remarquable que les organismes centraux du patronat et des confédérations syndicales sont souvent réservés face à l’émergence d’un dialogue social territorial !
- Enfin, comment ne pas souligner qu’à côté de certains gestes désespérés, des responsables publics, politiques, syndicaux, patronaux, relèvent leurs manches pour affronter la crise et ainsi assumer leurs responsabilités.