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La crise financière a déclenché un mouvement de repli de l’activité et de l’emploi depuis le second trimestre 2008. L’année 2009 a donc été une année record de destructions d’emplois dans le secteur concurrentiel depuis 1945. En 1993, avec une rétractation de la production de 0,9 %, l’impact emploi avait été de - 200 000 emplois. Or le PIB a reculé de 2,3 % et, avec cette rétractation de l’économie, selon les cotisations d’assurance chômage, 322 000 emplois auraient disparu, correspondant à un recul de l’emploi salarié de 2,2 % sur un an. Si l’on en croit l’ACOSS, sur le champ plus large des URSSAF, ce serait davantage, à - 2,8 %, avec - 432 000 emplois. Ce mouvement continue de frapper l’emploi industriel (qui recule pour la neuvième année consécutive), la construction (pour la première fois depuis 1998) et le secteur tertiaire. Le Pôle emploi prévoit cependant 62 000 destructions nouvelles en 2010.
Pourtant de premiers signes d’évolution positive se manifestent : l’intérim a tendance à redémarrer ; les projets d’embauche de plus d’un mois, notamment en CDI, dans les trois grands secteurs reprennent (+9,6% par rapport au 1er trimestre 2009, qui fut, il est vrai, le plus bas de la décennie).
Le retour espéré d’une petite croissance, s’il permet de limiter le rythme de destruction des emplois, ne suffira donc pas à en recréer de manière significative : il faudra du temps et une croissance soutenue pour parvenir à retrouver la situation de 2007. D’autant que le rôle de tampon qu’a joué en 2009 le chômage partiel constitue une réserve de main d’œuvre pour les entreprises pour faire face à la reprise sans avoir besoin d’embaucher. En conséquence aux 468 000 demandeurs d’emplois supplémentaires de 2009, on prévoit une nouvelle poussée de 86 000 en 2010.
Fait essentiel à retenir pour les finances sociales et le débat sur les retraites : la baisse de l’emploi salarié, conjugué à celle des salaires (chômage partiel, baisse des primes, etc), entraîne une baisse de la masse salariale de 1,3 % en moyenne sur l’année, et donc de lourdes pertes de recettes pour la sécurité sociale. Il faut de plus financer les indemnisations chômage supplémentaires et le poids d’un chômage de longue durée qui s’accumule. Or il faudra des années pour retrouver le niveau antérieur de masse salariale.
Il est essentiel de rappeler ici que les prévisions antérieures de financement des retraites s’appuyaient sur un retour au plein emploi, donc non seulement une progression de la masse salariale, mais surtout le transfert vers les cotisations retraite d’une partie des cotisations d’assurance chômage. Il n’est donc pas étonnant que les problèmes de financement des retraites resurgissent avec vigueur beaucoup plus trop que prévu.
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