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mis en ligne au 12/09/2010

L’inégalité salariale

Une comparaison européenne

 

 

Salaire nominal €

Niveau des bas salaires /salaire médian. En %

Tranche des 10% inférieurs

Salaire médian

Suède

1959

2561

76,5

Finlande

1686

2328

72,4

Belgique

1754

2513

69,9

France

1429

2090

68,4

Italie

1240

1852

67

Danemark

2262

3390

66,7

Espagne

917

1428

64,2

Malte

757

1190

63,6

Pays-Bas

1465

2370

61,8

Grèce

838

1366

61,3

Luxembourg

1685

2782

60,6

Bulgarie

87

144

60,4

Rép tchèque

363

622

58,4

Slovaquie

253

436

58,

Autriche

1216

2129

57,1

Portugal

457

806

56,7

Slovénie

547

982

55,7

Royaume Uni

1599

2926

54,6

Irlande

1603

2979

53,8

Chypre

808

1516

53,3

Hongrie

258

486

53,1

Estonie

273

527

51,8

Pologne

271

551

49,2

Lituanie

185

381

48,6

Allemagne

1247

2617

47,6

Roumanie

111

252

44

Lettonie

144

352

40,9

Actifs occupés à plein temps 2006 Eurostat. Publié dans le bulletin économique du CIRAC

Centre d’information et de recherche sur l’Allemagne contemporaine n° 94 /2009

  

Salaire médian : une moitié des salariés (à temps plein) gagne moins, l’autre moitié gagne plus. Premier décile : 10% des salariés gagnent moins. Ce tableau donne un aperçu des différences de salaires entre les pays européens pour la moitié inférieure de la population salariale, à l’exclusion cependant des salariés à temps partiel et des salariés qui occupent un emploi précaire et intermittent.

Selon ces chiffres, le niveau des bas salaires ne représente pas la moitié du salaire médian en Allemagne, alors qu’en France, le niveau des bas salaires est à 68% du niveau médian. Or le salaire médian est de 2617 € en Allemagne quand il est de 2090 € en France. D’où la confirmation de l’écrasement des salaires au dessous du niveau médian en France, par le double effet du SMIC et d’un salaire médian moindre. La hauteur du Smic ne peut être la seule considération en matière de bas salaires. Il faut apprécier le nombre de smicards et surtout la carrière des bas salaires. On reste smicard ou non ?


On s’interesse ici à la dispersion salariale : en France les écarts salariaux sont ressérés le salaire médian était supérieur de moins de la moitié au premier décile, 40% des salariés se trouvent comprimés entre ces deux bornes rapprochées, laissant peu d’espace pour une grille salariale suffisamment ouverte pour mettre une reconnaissance des qualifications professionnelles et une évolution d’une carrière slariale au cours de la vie professionnelle. C’est le résultat de politiques salariales restrictives et d’une évolution du SMIC plus rapide que la moyenne des salaires ouvriers et employés.

A l’opposé en Allemagne l'’éventail salarial pour la partie inférieure est beaucoup plus ouverte ‘du simple au double) Le premier décile était inférieur au niveau français (de 13%), alors que le salaire médian y était supérieur de 25% … Cette situation permet une politique salariale reconnaissant les qualifications et permettant une évolution des rémunérations au cours de la vie active.

Où se trouve le scandale ? Dans un niveau de salaire de départ relativement faible, mais dans lequel on ne reste pas longtemps, ou dans un niveau de salaire minimum, certes un peu plus élevé mais dans lequel on risque d’y passer presque toute sa vie de salarié ?      

 

 

 
notes