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mis en ligne au 12/12/2010
Fraudes sociales des particuliers

 

Une enquête présentée la semaine dernière à l'Assemblée nationale par Hervé Drouet, le directeur général de la caisse nationale des allocations familiales (CNAF), révèle que de toutes les prestations sociales, c'est le RSA (revenu de solidarité active) et le RSA majoré qui sont les victimes préférées des fraudeurs. A eux seuls, les deux dispositifs totalisent la moitié des cas de malversations détectés, et représentent 70 % des sommes fraudées. En 2009, au total 11.733 cas de fraude ont ainsi été repérés, pour un montant total estimé à 85,6 millions d'euros, soit environ 1 % des dépenses, dont près de 60 millions pour le RSA. « Le montant du RSA est plus élevé que celui des autres prestations : voilà pourquoi il est davantage sujet à la fraude », a expliqué Hervé Drouet devant les membres de la mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale.

 

Derrière le RSA, les allocations logement représentent 26 % des fraudes et 20 % des montants détournés. Les omissions frauduleuses dans les déclarations de revenus représentent 31 % des cas, les fausses déclarations 23 %, alors que les escroqueries et les faux et usages de faux restent très minoritaires.

 

Dans un rapport publié en septembre, la Cour des comptes portant sur le bilan de la lutte contre la fraude aux prestations sociales, l'institution loue la « prise de conscience » et les « progrès au plan national », notamment la mise à la disposition de la CAF, depuis fin 2008, des déclarations fiscales de tous les allocataires. Mais elle déplore la « lenteur des évolutions dans les pratiques » et la faiblesse des moyens réels mis en œuvre dans « la prévention, la détection et la répression des fraudes ». « Nombre d'informations pertinentes sur les fraudes ou le risque de fraudes restent sans suite faute de moyens humains et d'une impulsion nationale suffisante », précise le rapport. En effet, la lutte contre les fraudes est une priorité politique récente. Ce n'est qu'en octobre 2006 qu'a été créé le comité national de lutte contre la fraude, devenu comité interministériel, complété par la formation en avril 2008 de la délégation nationale à la lutte contre la fraude.

 

Voila. La fraude des particuliers existe. Elle ne porte que sur une part modeste des dépenses. Mais est-ce une raison de permettre à certains de « piquer » dans la caisse des autres ?

 


 

 

 

 

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