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article mis en ligne le 05/04/2010
Congrès UNSA
Issue de la scission de la FEN en 1992, l’UNSA a devant elle moins de quatre ans pour s’imposer durablement dans le paysage, puisque telle demeure son ambition. Elle cherche à le faire en s’appuyant sur ses valeurs : la négociation, la laïcité, l’autonomie, la promotion du modèle social européen. Ayant recueilli 6% des voix aux élections prud’homales, très présente dans la fonction publique d’ Etat (près de 17%) – tout particulièrement dans l’enseignement où elle annonce 190 000 de ses 300 000 adhérents revendiqués (en réalité probablement guère plus de 135 000) - elle cherche depuis plusieurs années à progresser dans le secteur privé à partir notamment de militants FO dissidents, CGC ou CFTC déçus, voire et surtout de syndicats autonomes d’entreprise. Sa progression n’est pas suffisante pour que les statistiques des élections de CE puissent y faire apparaître l’UNSA en tant que telle. La comparaison des mandats entre deux congrès montre dans l’ensemble une stagnation, les nouvelles implantations compensant tout juste des départs, comme ceux de l’UNSA-Police vers FO. Ce regroupement de syndicats autonomes ne désespère cependant pas, autour d’Alain Olive et de Luc Bérille, son successeur annoncé issu du syndicat des enseignants, de parvenir à atteindre une représentativité générale (10 %), et en tous cas les 8 % dans un certain nombre de branches.

Son récent congrès s’est donc focalisé sur une résolution consacrée aux problèmes d’organisation et de développement : il s’agit de construire un syndicalisme susceptible d’être moins corporatiste, plus interprofessionnel, et donc confédéral, avec des unions départementales et régionales, soucieux de s’implanter dans le privé, de profiter de la possibilité de présenter des candidats dès le premier tour dans les entreprises. L’UNSA peut s’appuyer à cet effet sur les amitiés qu’elle conserve, dans le droit fil de la FEN, dans le milieu socialiste enseignant et dans la nébuleuse militante du Parti des Travailleurs (très laïcarde et antieuropéenne), pour essayer d’imposer cette union de syndicats autonomes.  Donc pas de grand débat sur les objectifs revendicatifs généraux, en particulier les retraites, même si Alain Olive a pu évoquer un système par points de calcul de la retraite, en écho à la CFDT.

Toujours fidèle à l’ancienne ambition de la Fédération de l’Education Nationale autonome d’être le pont entre tous les morceaux dispersés du syndicalisme français, l’UNSA affiche son souhait d’un rassemblement réformiste qui n’écarte personne (encore que FO demeure le frère ennemi), tout en reconnaissant qu’il demeure toujours une ligne de partage entre organisations à dominante protestataire et organisations à dominante réformiste. Prenant acte de l’échec de la tentative de fusion avec la CGC, Alain Olive a fait les yeux doux à François Chérèque et à la CFDT, - à qui l’UNSA doit sa représentation à la Confédération européenne des syndicats. Ce qui ne l’empêche pas de persister à espérer construire un rapprochement stable avec la CGC et la CFTC. Tout ceci débouchera-t-il sur des travaux communs privilégiés? Et sur quels sujets ? L’avenir dira vite si tout ceci est autre chose que des propos sans consistance. Il est probable que l’UNSA garde tous les fers au feu, dans l’attente du verdict des électeurs d’ici 2013…et pour ne pas avoir à opérer des choix sur lesquels elle sait qu’il n’y a pas d’accord interne possible. 

Reste à savoir si sa stratégie organisationnelle attrape-tout, tout ce qui est syndicat autonome, tout ce qui est localement en difficulté, provenant de toutes les autres organisations et espérant profiter du souffle d’un nouveau sigle, ne va pas, en définitive, constituer un agrégat sans ciment, susceptible de se briser sur les enjeux auquel le syndicalisme doit bien faire face dans les négociations avec les patronats et l’Etat. La représentativité, ce n’est pas seulement des voix, c’est aussi la capacité de conclure une négociation avec l’accord de ses adhérents.

 
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