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article mis en ligne le 29/12/2010
L'image des syndicats chez les jeunes

 

L’Association Dialogues a eu la très bonne idée de faire interroger par la SOFRES un échantillon de jeunes de 18-30 ans (hors étudiants), pour comparer leur opinion avec celle des salariés. Les enseignements apportent davantage de nouveautés que l’enquête sur les Français.

D’abord sur la représentation du travail : « Quels sont les mots qui correspondent le mieux à ce que représente pour vous le travail ? »

Mot

Les 18-30 ans (hors étudiants)

Les salariés français

Différence Jeunes - salariés

Gagne pain

55 %

50 %

+ 5 %

Contacts humains

38 %

52 %

- 14 %

Etre insérés dans la société

31 %

15 %

+ 16 %

Plaisir, épanouissement

28 %

28 %

 

Vocation, passion

22 %

15 %

+ 7 %

Obligation, contrainte

18 %

21 %

- 3 %

Sécurité

18 %

23 %

-  5 %

Etre utile à la société

18 %

15 %

+ 3 %

Pouvoir, responsabilité

15 %

14 %

+ 1 %

Richesse, statut social

15 %

9 %

+ 6 %

 Routine

14 %

23 %

- 9 %

 Au-delà des préférences communes d’une représentation positive du travail, ce tableau révèle combien l’insertion des jeunes dans la vie active est pour eux une aspiration optimiste - gagner sa vie, s’épanouir, s’insérer dans la société - qui n’a pas encore eu l’occasion de se confronter à ses difficultés.

D’ailleurs deux tiers des jeunes sont satisfaits de leur situation professionnelle. Les plus satisfaits sont les jeunes cadres et les CDI, tandis que les moins satisfaits se trouvent évidemment chez les chômeurs et les précaires, mais aussi les moins diplômés (51 %) et les ouvriers (55%), ce qui devrait attirer l’attention une fois de plus sur la condition ouvrière en France. Attentifs à équilibrer travail et vie privée (à 36 %, 48 % des chez les femmes), ils ont cependant envie (à 49 %) de se donner à fond pour s’épanouir et réussir leur vie professionnelle, mais ils craignent (à 42 % de ce groupe) de se faire avoir par leur employeur et de ne pas en être récompensés. Ils ne sont que 15 % (mais 23 % chez les ouvriers et 21 % chez les précaires) à vouloir faire passer la vie privée avant tout, le travail étant un simple gagne-pain.

Quant à leur rapport au syndicalisme, on doit constater que l’âge n’est pas a priori une variable déterminante : leur confiance  (positive à 57 % contre 53 % pour les salariés) dépend essentiellement de leur orientation politique à gauche (62 %) et de leur insertion dans le secteur public (62 % contre 47 % dans le privé). Autrement dit, à un peu plus d’optimisme se joint la tradition et la présence syndicale de proximité.

Toutefois, ils sont plus portés, pour la défense de leurs intérêts, à la discussion individuelle avec leur hiérarchie (59 % contre 51 % chez les salariés) au lieu de s’adresser aux syndicats (15 % contre 20 %). Ici émerge une sensibilité individualiste, peu formée à l’action collective, où pèsent non seulement l’atmosphère générale de notre société, mais aussi leur longue expérience du système scolaire. Dans la foulée, ils sont seulement 31 % à estimer que les syndicats sont adaptés à leurs sensibilités et à leurs préoccupations. Le verdict est sévère : les deux tiers répondent négativement.

Opinion

18-30 ans (hors étudiants)

Français

Différence jeunes-Français

Les syndicats sont trop politisés

78 %

73 %

+ 5 %

Les syndicats se ressemblent, on ne voit pas ce qui les distingue

73 %

61 %

+ 12 %

Il y a trop de concurrence entre les syndicats

71 %

62 %

+ 9 %

Les syndicats ont une approche trop idéologique

67 %

63 %

+ 4 %

Les syndicats comprennent mal les vrais besoins des salariés

52 %

46 %

+ 6 %

Les syndicats comprennent mal les réalités économiques

50 %

44 %

+ 6 %

 Les syndicats sont inefficaces

43 %

36 %

+ 7 %

 

Ils expliquent leur position comme le reste des Français avec plus de réactivité critique encore, manifestant leur incompréhension de la concurrence et de la division syndicale. Au syndicalisme de faire sa révolution culturelle, s’il veut pouvoir renouveler ses adhérents, même si l’expérience au travail et les comportements patronaux ont toujours fourni des prises de conscience et des motifs d’adhésion à cette forme d’action collective.

 

 

 

 
notes