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article mis en ligne le 18/12/2010
L'image des syndicats en septembre 2010

 

L’Association Dialogues a fait sonder les Français par la SOFRES sur leur confiance dans les syndicats avant le mouvement social sur les retraites, puis à sa fin, en novembre 2010. Comme la SOFRES pose la même question depuis octobre 1979, on peut suivre l’évolution sur trente ans.

Que constate-t-on ?

Les points d’inflexion de la confiance dans les syndicats

confiance

absence de confiance

Octobre 1979

49 %

37 %

Septembre 1985

31 %

59 %

Décembre 1986

45 %

42 %

Octobre 1988

38 %

49 %

Février 1997

47 %

46 %

Mai 2008

50 %

42 %

Septembre 2010

46 %

45 %

Novembre 2010

54 %

38 %

Une très importante baisse de confiance de 1979 à 1985 correspondant à la chute de la syndicalisation. La remontée de 1986- ne dure pas. Un redressement se dessine à partir de 1995, avec un étiage autour de 46-50 % jusqu’en septembre 2010. En novembre 2010, pour la première fois depuis trente ans, la confiance atteint un record (54 %), alors que l’absence de confiance descend à 38 %.

Il est clair que le mouvement social des retraites a redressé l’image des syndicats et donné une « prime à la pugnacité responsable », d’autant que la progression se retrouve dans tous les âges d’actifs, surtout les moins de 34 ans, dans le secteur privé, comme dans le secteur public, à droite comme à gauche. Est-ce durable ? Cela va-t-il être capitalisé dans un renouveau de la syndicalisation ? L’avenir le dira. Mais on peut en douter à l’examen du reste de l’enquête.

Cette enquête continue aussi d’explorer (voir notre article de janvier 2006 sur l’enquête 2005 : http://www.clesdusocial.com/mois-social/mois-social-06/16-syndicats/les-syndicats1.htm) la manière dont les salariés perçoivent le syndicalisme.

En cinq ans, la croyance en l’efficacité syndicale a baissé de 6 points (à 26 %) tandis que progressait parallèlement la préférence pour la discussion individuelle avec la hiérarchie (à 51 %). Il y a toujours 35 % des Français et des salariés actifs à juger que les syndicats sont inefficaces. Un tiers des Français les jugent trop conciliants à l’égard du gouvernement et des patrons, davantage à gauche (autour de 40 %), un quart trop agressifs, un quart « comme il faut ».

Pourtant 73 % les jugent trop politisés et 63 % trop idéologiques, même si le nombre de ceux qui estiment que les syndicats comprennent mal les réalités économiques baisse de 6 points (44 %), comme celui de ceux qui estiment que les syndicats perçoivent mal des vrais besoins des salariés (46 %). Face aux efforts d’unité d’action, la réaction est ambiguë : baisse de dix points du nombre de ceux qui pensent qu’il y a trop de concurrence entre syndicats (encore 62 % quand même !), mais hausse de deux points à 61 % de ceux qui trouvent qu’on ne voit pas bien ce qui les distingue. L’effort de prise en charge du salariat précaire est relevé (+ 8 % à 38 %) en cinq ans, même si le syndicalisme demeure perçu comme surtout intéressé par le secteur public (70 % des réponses), les grands groupes (62 %), le salariat stable (54 %) et insuffisamment préoccupé du privé (45 %). Autour de 35 % des Français considèrent que les syndicats sont attentifs aux jeunes, aux seniors, aux salariés des petites entreprises, aux chômeurs, aux retraités, même si ces deux dernières catégories sont ainsi en progrès.

En cinq ans, les freins à la syndicalisation restent stables, à en juger par le classement des motifs  de non adhésion : sentiment d’être incompris par les syndicats (39 %), peur des représailles dans l’entreprise (39 %), division syndicale (35 %), manque d’efficacité  syndicale (25 %), cotisations trop chères (17 %).

 

 

 

 

 
notes