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mis en ligne au 22/07/2010
L’épargne solidaire en progrès
« La finance vertueuse gagne du terrain » titrait récemment un grand quotidien du soir.
Il notait que « l'investissement socialement responsable » (I.S.R.) progressait vivement (51 milliards, + 70 % en 2009), même si cela ne concerne encore que 3 % des encours gérés en Europe.
Il s'agit de produits financiers de placements en actions et obligations qui, au-delà des critères financiers classiques, s'appuient sur des critères de nature sociale, environnementale et de gouvernance des sociétés concernées, évitent les montages compliqués et les produits dérivés.
Deux moteurs de développement se sont mis en place : la promotion par certains réseaux bancaires soucieux de restaurer leur image dégradée par la crise spéculative ; une partie des particuliers qui s'y engagent alimentent près du tiers des fonds I.S.R. À travers ces fonds réapparaît la préoccupation d'une performance de long terme : des entreprises, qui se préoccupent du bien-être de leurs salariés, de transparence à l'égard des actionnaires et qui respectent l'environnement, sont mieux gérées et donc rentables.
Encore faut-il que cet argumentaire se vérifie dans les faits, ce qui suppose l'émergence d'outils de mesure fiables qui démontrent le respect effectif des critères et la rentabilité de la gestion durable dans le temps. L'élaboration de produits compréhensibles du grand public et des institutionnels de l'assurance-vie est une autre condition d'un développement structurel.
Même si la demande du grand public n'est pas encore évidente, le développement en parallèle de la finance solidaire est un autre indice d'évolution intéressant. La finance solidaire vise à mettre en relation des épargnants souhaitant investir dans des activités à forte utilité sociale et des porteurs de projets n'ayant pas assez accès à des financements classiques.
Elle a fait un bond de 50 % en 2009, dépassant les 2,4 milliards d'euros, notamment grâce à la loi qui encourage les plans d'épargne salariale d'entreprises à investir dans l'épargne solidaire. Dans la pratique, c'est surtout le logement social et la réduction de la consommation d'énergie qui en profitent, plus que l'insertion par l'emploi de personnes en difficulté, qui apparaît cependant prioritaire aux Français.
Il y a encore beaucoup de marge de croissance : environ 400 000 salariés seulement sur les quelques 12 millions concernés ont choisi de placer leur épargne dans des placements solidaires.
L'enquête Finansol-La Croix montre pourtant une meilleure connaissance par le grand public et la progression du nombre (22 %) de ceux qui acceptent un rendement moindre que celui des placements classiques.
Syndicats et associations ont en la matière une responsabilité pédagogique pour accélérer ces évolutions.
C'est ainsi qu'ils ont créé un comité intersyndical qui labélise les fonds communs de placement qui répondent le mieux à des critères solidaires.
tement public est un vrai sujet pour les Européens, qu'ils soient en zone euro ou non.