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Emplois aidés : les chiffres du désengagement de l’État

samedi 9 novembre 2019

Avec une baisse de 31,7 % en 2018 par rapport à 2017, les chiffres fournis par la DARES en octobre 2019 sur les statistiques des emplois aidés en 2018 illustrent la baisse de l’engagement de l’État en matière d’insertion professionnelle des personnes les plus éloignées de l’emploi. Ainsi, 247 000 personnes ont bénéficié d’un contrat aidé en 2018 contre 362 000 en 2017, résultat d’une volonté du gouvernement de réduire la voilure dans ce domaine, au risque de précariser encore un peu plus la partie la plus en difficulté de la population.

La rupture de 2017

La baisse a commencé dès le second semestre 2017, juste après l’élection présidentielle, alors qu’à l’époque 450 000 personnes bénéficiaient de ces contrats. Les Contrats uniques d’insertion (CUI) sous forme de contrat initiative emploi (CUI-CIE) qui concernaient le secteur marchand ainsi que les contrats d’avenir ont été supprimés et les CUI d’accompagnement à l’emploi (CUI CAE, secteur non-marchand) ont été recentrés uniquement sur l’insertion professionnelle dans le cadre d’un parcours emploi compétences (PEC). Mais seulement 88 000 contrats ont été signés en 2018 alors qu’il y avait 157 000 CUI-CAE en 2017. Seule l’insertion par l’activité économique a conservé un niveau assez élevé de 128 000 contrats, en légère baisse toutefois (-3, 9 %).

De même, les dispositifs d’aide à l’emploi ont baissé de 10 % en 2018 par rapport à 2017. La suppression des exonérations de cotisation chômage sur les embauches de jeunes en CDI a été abandonnée. Les contrats de génération (10 000 en 2018), qui à vrai dire n’avaient pas rencontré beaucoup de succès, ont baissé de 50 % par rapport à 2017. En revanche, l’aide aux chômeurs créateurs d’entreprise (ACRE) a progressé nettement en 2018 (259 000 au lieu de 217 000, soit +19,4 % par rapport à 2017).

La formation en alternance et celle des personnes en recherche d’emploi en progression

Contrairement aux dispositifs d’aide à l’emploi ou à l’insertion dans l’emploi, les dispositifs de formation des jeunes ou des demandeurs d’emploi ont été en progression en 2018 par rapport à l’année précédente. Ainsi les contrats de professionnalisation passent de 218 000 à 242 000 (+11,1 %) et les contrats d’apprentissage passent de 398 000 à 414 000 (+4,2 %). Il en va de même pour les formations des personnes à la recherche d’emploi qui progressent de 3,8 % (258 000 formations en 2018). Cette progression s’est particulièrement fait sentir au dernier trimestre de 2018.

|L’accent semble mis sur la formation plutôt que sur les aides à l’emploi. Ces derniers dispositifs répondaient pourtant à un besoin. Des milliers de personnes en difficulté dans leur parcours de retour ou d’accès à l’emploi se trouvent donc privés de dispositifs d’aide à l’insertion et maintenus en situation particulièrement précaire et dans l’exclusion sociale. La stabilisation des aides à l’emploi en fin d’année 2018 préfigure-t-elle un début de prise de conscience de la part du gouvernement ?|


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