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L’Observatoire des inégalités rappelle l’aggravation des inégalités en France

samedi 19 août 2017

Publié en juin, ce rapport est le fruit d’un travail de compilation de nombreuses sources officielles, sous la direction de grands noms parmi les économistes et les sociologues français [1]. Il révèle notamment que parmi 18 indicateurs des inégalités dans notre pays 11 se sont aggravés depuis au cours des dix dernières années. Ces indicateurs révèlent ainsi que les inégalités se sont accrues, notamment sous l’impulsion de la crise économique majeure qui a secoué notre pays (et le monde entier) en 2008-2009.

Seul le domaine de l’éducation semble s’améliorer, l’écart de taux d’accès à une seconde générale entre les moins favorisés et les plus favorisés continuant à se réduire sensiblement. Enfin l’âge de sortie du système scolaire entre les 10 % sortis le plus tôt et les 10 % sortis le plus tard stagne à 8 années. Mais les inégalités demeurent néanmoins dans ce domaine puisque 61 % des enfants d’ouvriers n’arrivent pas au baccalauréat contre seulement 9 % des enfants d’enseignants, par exemple.

Mais les domaines liés au niveau de vie et aux écarts de revenus continuent de se dégrader. Par exemple, le nombre de pauvres est passé de 4 à 5 millions de personnes entre 2004 et 2014, une augmentation de 1 million soit de 25 % ! Du coup le taux de pauvreté a aussi augmenté : ainsi 8,1 % de la population française vit sous le seuil de pauvreté, 36 % des jeunes de moins de 19 ans sont concernés par la pauvreté et 38 % des immigrés.



Enfin, l’écart de revenu s’est un peu élargi, puisqu’il représente 4 025 € mensuels entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches. Du coup, les 10 % les plus riches captent 27 % des revenus distribués en France.

On note aussi que dans le domaine du travail, le nombre de chômeurs a aussi augmenté. Mais le rapport pointe avant tout les formes atypiques de travail, ¼ des salariés étant dans une situation de « mal emploi » (contrats précaires, chômage, inactifs souhaitant travailler). La part des précaires dans l’emploi est ainsi passée de 11 à 12,1 % entre 2004 et 2014, tandis que la part de temps partiel subi a augmenté de 3 points de % sur la même période et que le nombre de chômeurs de longue durée a été multiplié par deux entre 2006 et 2016.

Le rapport souligne enfin que l’écart salarial hommes-femmes est encore de 10,5 % en 2012 pour un poste équivalent, mais que davantage de filles accèdent aux études universitaires (+1.8 point de % entre 2005 et 2014), et plus de femmes accèdent à la politique (+5,2 points de % de femmes maires entre 2001 et 2014). Mais les temps partiels subis concernent encore 2,6 fois plus de femmes que d’hommes. Enfin, les femmes occupent 40 % des postes de cadres en 2015, deux fois plus qu’en 1982.

Si ce rapport donne à voir l’importance des inégalités dans notre pays, il révèle ce que nombre d’observateurs avaient pressenti : la crise économique qui a suivi la crise financière a grandement aggravé les difficultés sociales dans notre pays. Malgré tout, de nombreuses personnes sont encore protégées par notre système de protection sociale, un point qui est souvent occulté dans le débat public. Ainsi le nombre de personnes allocataires du RSA socle a augmenté de 30 % entre 2006 et 2016, montrant une bonne réactivité de nos filets de protection sociale. Le rapport estime que « Notre pays demeure l’un de ceux où il fait le meilleur vivre ». Mais il est clair que face à l’afflux de personnes en « mal emploi », le système de protection sociale est mis à rude épreuve.


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