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Panorama de l’Éducation dans les pays développés

mercredi 31 octobre 2018

L’OCDE [1], dans son rapport annuel, indique que de nouveaux efforts s’imposent pour davantage d’équité dans l’enseignement. En effet, l’origine sociale reste le facteur qui exerce la plus forte influence sur la scolarisation et l’apprentissage, ainsi que sur les retombées économiques et sociales de l’éducation.

L’influence prégnante de l’origine sociale dès la petite enfance

L’édition 2018 de Regards sur l’Education de l’OCDE nous apprend qu’un enfant dont la mère n’a pas suivi d’études supérieures aura moins de chances qu’un autre de fréquenter une structure d’éducation et d’accueil de la petite enfance. De plus, malgré leurs importances attestées, les pouvoirs publics continuent de consacrer moins d’argent au financement des structures d’éducation et d’accueil du jeune enfant qu’à celui de l’enseignement supérieur.


Cela ne s’améliore pas avec l’âge

Les enfants issus d’un milieu défavorisé ne font pas, en moyenne, des études poussées. Au second cycle du secondaire, ceux dont les parents n’ont pas suivi d’études supérieures tendront à privilégier les cursus de l’enseignement professionnel à ceux de l’enseignement général, et la probabilité d’un abandon en cours de route est chez eux relativement élevée. Leur présence dans l’enseignement supérieur s’en ressent logiquement : la part de nouveaux étudiants qui n’ont pas un parent ayant lui-même atteint ce niveau d’instruction est faible d’après l’OCDE.

Les retards sont difficiles à rattraper

Les études supérieures sont plus déterminantes que jamais pour les revenus disponibles. Ainsi, les revenus d’un diplômé du second cycle de l’enseignement secondaire ne représentent que 65 % de ceux d’un diplômé du supérieur, en moyenne, et cela a des conséquences pour les générations suivantes. Il faut en effet entre quatre et cinq générations aux familles du dernier décile de revenu pour se hisser jusqu’au revenu moyen dans les pays de l’OCDE.

Les différences entre les filles et les garçons

Le rapport révèle par ailleurs que les différences entre les sexes ont la vie dure. Les garçons sont plus enclins que les filles à redoubler, à abandonner l’école et à ne pas faire d’études supérieures. Les filles ont de meilleurs résultats scolaires mais elles sont moins bien servies en termes d’emploi et de rémunération. Elles conservent une plus faible probabilité de s’inscrire dans une filière supérieure conduisant à des professions très lucratives et d’y décrocher un diplôme. À titre d’exemple, alors que les ingénieurs sont très demandés de nos jours, 6 % seulement des femmes diplômées du supérieur sont issues d’une école d’ingénieurs, contre 25 % des hommes.

La place des enseignants et des enseignantes

La quasi-totalité des enseignants de maternelle sont des femmes, contre moins de la moitié dans l’enseignement supérieur. Au cours de la dernière décennie, l’écart s’est creusé encore en primaire et secondaire tandis qu’il se resserrait au-delà.
Dans la moitié des pays et économies de l’OCDE disposant de données sur le sujet, les chefs d’établissement et les enseignants affectés dans une zone défavorisée ou isolée reçoivent en contrepartie un supplément de rémunération.

Des constats complémentaires pour compléter le panorama

  • Entre 2010 et 2015, les dépenses par élève dans la zone OCDE ont augmenté de 5 % dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non supérieur, et de 11 % dans l’enseignement supérieur.
  • En 2015, 90 % du financement de l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non supérieur et 66 % de celui de l’enseignement supérieur était assuré sur les deniers publics.

Quelques éclairages sur la France

Pratiquement tous les enfants de 3 ans sont à l’école, il s’agit du taux le plus élevé de l’OCDE, mais seuls 36 % des enfants de moins de 3 ans sont inscrits dans des structures d’éducation.

Les élèves français reçoivent en général plus d’heures d’enseignement que leurs voisins.

Quant aux enseignants, il subsiste des différences salariales importantes entre le primaire et le secondaire. À titre d’exemple, un directeur de collège ou de lycée gagne 60 % de plus qu’un directeur de primaire. Ce qui n’est pas le cas dans les autres pays de l’OCDE.

Les recommandations générales de l’OCDE

  • Les pays doivent affecter des moyens, financiers et autres, à l’instruction des plus vulnérables.
  • Il faut lutter contre le redoublement et encourager les personnes issues d’un milieu défavorisé à fréquenter le système éducatif ordinaire.
  • Les enseignants devraient avoir l’occasion de se perfectionner pour être capables d’apprécier le niveau de leurs élèves et de leur venir en aide.
  • Il faut développer et rendre accessibles, y compris financièrement, des services de qualité dédiés à l’éducation de la petite enfance.
  • Renforcer l’autonomie des établissements réduit les inégalités.

En conclusion

Le rapport montre que si l’instruction est financièrement rentable pour l’individu, elle l’est également pour l’État, la présence d’une forte proportion de diplômés du supérieur se traduisant, par exemple, par davantage de rentrées fiscales et de cotisations sociales. Dans les pays de l’OCDE, le secteur public reçoit un retour sur investissement de 10 % pour chaque homme et 8 % pour chaque femme ayant obtenu un diplôme tertiaire.


Source


Notes :

[1L’OCDE regroupe 36 pays membres et elle coopère avec plus d’une centaine. L’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques propres à améliorer le bien-être économique et social des populations du monde entier.


 

 

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