Les clés du social Un regard sur le social

Accueil > Dialogue social > Représentativité > Faible participation aux élections Chambre des métiers et Chambre de (...)

Faible participation aux élections Chambre des métiers et Chambre de Commerce

mercredi 8 février 2017

Les élections dans les Chambres des métiers et de l’artisanat
Ces élections qui se sont déroulées du 1er au 14 octobre 2016 ont permis d’élire 2500 représentants dans les Chambres de Métiers et de l’Artisanat. Traditionnellement faible, la participation n’a été que de 15 %, contre 18 % en 2010, malgré une campagne où les deux listes principales en compétition ne se sont pas ménagées.

Ces élections se sont caractérisées par une poussée des listes présentées par la CPME (ex CGPME) associée à la Fédération française du bâtiment (listes « Fiers d’être artisans ») qui fait plus que doubler le nombre de chambres où ils sont majoritaires au détriment des listes soutenues par l’UPA (liste « l’artisanat c’est nous ») qui garde malgré tout la majorité dans la moitié des chambres consulaires.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une telle évolution. Tout d’abord, L’UPA subit une certaine forme d’usure du pouvoir. En effet, elle assumait la gestion de la quasi-totalité des chambres depuis longtemps. Ensuite, l’avenir du Régime Social des Indépendants (RSI) a fait l’objet d’un débat contradictoire entre les deux listes. L’UPA souhaite une simple amélioration de la gestion du régime alors que la CPME souhaite une remise à plat d’un système critiqué largement par une grande majorité des entrepreneurs indépendants. L’UPA est en outre considérée comme partie prenante de la gestion du régime et donc de ses disfonctionnements. Enfin, les listes « Fiers d’être artisans » ont présenté des candidatures plus jeunes, plus diversifiées, avec des têtes nouvelles et un discours plus libéral, ce qui a pu séduire de nombreux chefs d’entreprise. Une incitation pour l’UPA en faveur d’un renouvellement important de ses élus plus en rapport avec la réalité des artisans d’aujourd’hui.

Les résultats en demi-teinte de l’UPA pourraient aussi montrer que les artisans n’ont été que peu sensibles au risque qu’elle a dénoncé de rapprochement des CCI et des CMA que le Medef et la CGPME veulent encourager pour faire des économies d’échelle et probablement marginaliser davantage l’UPA.

Les élections dans les Chambres de Commerce et d’Industrie

Ces élections organisées à la suite de celles des Chambres de métiers (du 20 octobre au 2 novembre) ont encore moins mobilisé avec une participation de 12 %. Notons la féminisation des chambres de commerce avec 30 % des 4434 élus soit le double du mandat précédent. L’absence de concurrence entre les organisations patronales dans beaucoup de chambres de commerce peut expliquer partiellement la faiblesse de la participation. En effet, même s’il y a eu quelques listes dissidentes ici ou là, dans la plupart des CCI, les trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) présentaient des listes communes. Mais le mal n’est-il pas plus profond ? Le monde patronal doit s’interroger sur le peu d’intérêt que portent les chefs d’entreprise à ces institutions ou tout au moins à l’élection de leurs représentants.