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Les agents publics jugent sévèrement la transformation numérique du service public

samedi 4 août 2018

Selon une enquête récente, les agents publics jugent que la France n’est pas leader dans la transformation numérique de son service public. Ainsi, plus d’un agent public sur 3 juge que la France est en retard. Pour ce qui est des priorités à mettre en œuvre, la moitié des personnes interrogées estime que les démarches administratives doivent être le domaine prioritaire de la transformation publique.

Une enquête Acteurs publics/EY pour l’Observatoire des politiques publiques

Cette enquête, réalisée par l’IFOP auprès d’un échantillon de 1 500 agents de l’État, témoigne du décalage entre les intentions et les faits au sein des trois versants de la fonction publique. En premier lieu, pour ses agents, l’administration française semble pouvoir encore mieux faire, comme le montre la comparaison sur le plan international. En effet, plus de la moitié des personnes interrogées (54 %) estiment que la France n’est ni en avance ni en retard dans ce domaine. Si elles ne sont que 9 % à considérer que l’administration est en avance, elles sont 33 % à estimer qu’elle est en retard par rapport à d’autres pays.

Les secteurs jugés les plus avancés …et les plus en retard

Pour les agents, plusieurs secteurs apparaissent plus à la pointe que d’autres dans ce domaine. Une personne sur 2 estime que les entreprises publiques (SNCF, EDF, La Poste, etc.) ont déjà commencé cette transformation. Viennent ensuite le secteur de la protection sociale (assurance maladie, retraite, allocations familiales, 41 %), les opérateurs publics (Caisse des dépôts, Pôle emploi, Business France, 34 %).

Mais l’État et ses administrations centrales ne sont qu’à 33 % et les administrations déconcentrées de l’État (préfectures, directions départementales, régionales, etc.) ne sont qu’à 15 %. Plus bas encore, les collectivités territoriales (10 %), l’éducation nationale et l’enseignement supérieur (9 %), l’hôpital (7 %) semblent accuser un certain retard en matière de transformation numérique.

Comment faire mieux ?

Les interviewés souhaitent que davantage de moyens matériels et financiers soient octroyés au secteur public, des outils informatiques plus accessibles et modernes (32 %), des investissements financiers (21 %), accompagnés d’une réflexion autour des ressources humaines et notamment via une formation des agents et des cadres (27 %) et des modes de management différents (34 %).

Les priorités pour demain

La moitié des personnes interrogées estime que les démarches administratives constituent, et de très loin, le domaine prioritaire de la transformation numérique (58 %). Les impacts de la transformation numérique pour les usagers sont importants pour les agents. Ils privilégient d’abord la réduction de la fracture numérique (58 %), suivie de près par des impacts touchant directement les citoyens comme leur identité numérique (41 %).

La question des risques n’est pas négligée puisque seule une poignée d’interviewés considère qu’il n’y a aucun risque dans la transformation numérique (1 %). Les dangers en matière de cybersécurité (41 %) et de gestion des données personnelles (34 %) sont jugés les plus menaçants, mais il est intéressant de constater que la résistance au changement au sein des administrations est citée à même hauteur (32 %) et notamment par les fonctionnaires territoriaux (38 %).

Que ce soit au sein de la cité, des entreprises ou du secteur public, le sujet de la transformation numérique est l’objet de toutes les attentions mais on ressent à travers ce sondage une forme d’inquiétude des agents publics sur les retards pris en la matière.




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