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Trop de salariés en situation de fragilité

mercredi 15 août 2018

Les fragilités peuvent être d’origines diverses, personnelle ou professionnelle : une maladie, la prise en charge d’un parent dépendant, un deuil familial, un isolement professionnel, une réorganisation difficile dans l’entreprise, une évolution subie de son métier… Au total, 56 % des salariés disent vivre au moins une situation de fragilité, d’après une enquête du « COMPTOIR mm » de Malakoff Médéric. Et 91 % des employeurs déclarent employer des salariés en situation de fragilité.

Quelles fragilités, principalement ?

- Les fragilités personnelles. Elles sont vécues par 37 % des salariés, dont 14 % en raison de difficultés financières, 9 % par leur rôle d’aidant, et 8 % à cause d’une maladie grave.

- Lee fragilités professionnelles. Elles concernent 38 % des salariés : 23 % en raison de conditions physiques ou psychiques éprouvantes, 23 % par perte de sens au travail et sentiment de déshumanisation, 11 % à cause d’une difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle.

De plus, parfois ces fragilités se cumulent, voire interagissent les unes sur les autres : 19 % disent connaître les 2 types en même temps.

Qui les subit ?

Les plus concernés sont les femmes, les seniors (55 ans et +), les salariés peu payés, ceux qui ont subi un chômage ou une rupture de carrière.

Par ricochet, souvent la fragilité d’une personne rejaillit sur l’ensemble des équipes de salariés, entrainant une détérioration des relations entre collègues, la crainte d’une performance insuffisante par rapport aux objectifs.

Quel rôle de l’entreprise ?

La quasi totalité des dirigeants et les ¾ des salariés pensent que l’entreprise est légitime pour aider les salariés qui connaissent des fragilités professionnelles. Au contraire des fragilités personnelles pour lesquelles un dirigeant sur 2 et 4 salariés sur 10 seulement pensent que l’entreprise peut aider. Au total, un employeur sur 2 craint d’être intrusif, et près de la moitié des salariés redoute le licenciement, suivi pour d’autres par la crainte d’une pénalisation professionnelle.

Les salariés souhaitent une compréhension, une écoute bienveillante et un soutien de leur employeur. Or, si 87 % des employeurs disent utile de mettre en place des actions d’accompagnement, celles-ci sont surtout tournées vers l’aménagement du poste ou du temps de travail, peu vers la prévention. Et il y a aussi un écart entre les actions mises en place par l’employeur et leur connaissance par les salariés, par exemple des avances de frais, ou d’autres dispositifs : 2/3 se disent peu informés.

En conclusion, LE COMPTOIR mm milite pour une conception du management qui intègre une compréhension de ces fragilités pour modifier l’organisation, dans la reconnaissance des personnes qui travaillent dans l’entreprise qui doivent vivre les mutations du monde du travail et les aléas de l’existence. D’autant plus que les ¾ des dirigeants et la majorité des salariés pressentent que le rôle social de l’entreprise va s’accroître dans les prochaines années.
C’est aussi bien sûr un sujet qui relève d’une nécessaire intervention et action des élus du personnel et des syndicats, en particulier pour passer de la réparation à la prévention.



Références